Restauration du Monument commémoratif aux anciens combattants dans l’ancien cimetière de Saintes

Le Musée, en collaboration avec la section F.N.C. de Saintes (Mr Guy Magnus), l’école communale Arc-en-Ciel et l’école des Sacré-Coeurs de Saintes, a lancé un projet de remise en état du Monument commémoratif aux anciens combattants situé dans l’ancien cimetière de Saintes.

Ce projet s’inscrit dans le cadre plus vaste du parrainage par les écoles de Saintes des monuments patriotiques, projet ambitieux initié par la section F.N.C. du village.  Les deux écoles primaires de Saintes ont fait une demande explicite pour que ce monument soit restauré.  Avec l’expertise et l’aide logistique du Musée (Office du Tourisme et du Patrimoine), un dossier de restauration et de demande de subsides auprès de la DG04 (Département du Patrimoine, Direction de la Restauration Petit Patrimoine Populaire Wallon) a été introduit par l’Association des Anciens Combattants et le Musée.

La Commission instaurée par le Gouvernement wallon pour l’octroi de subventions pour la restauration, la rénovation, la valorisation et la mise en valeur du Petit Patrimoine Populaire Wallon a remis un avis favorable sur notre projet en date du 19/11/2012.  Le Ministre Carlo Di Antonio nous a fait savoir par courrier du 9/1/2013 qu’il avait signé l’arrêté d’octroi de subvention d’un montant de 1936 €.  Nous allons enfin pouvoir commencer les travaux, dès que le climat le permettra.

La restauration consistera

  • à démonter les anciennes dalles de pierre endommagées,
  • à découper les anciennes broches gonflées par la corrosion,
  • à coller et à mastiquer les éclats de pierre,
  • à poser de nouvelles broches en inox,
  • à reposer les éléments de pierre,
  • et à rejointoyer l’ensemble du monument.

Cette remise en état bien nécessaire devrait être achevée pour le mois de mai 2013.  Les enfants des écoles pourront alors inaugurer le monument en grande pompe, à l’occasion des cérémonies patriotiques.

Le Musée se réjouit évidemment que de tels projets soient réalisés et que de telles collaborations soient possibles.  Il invite donc les particuliers et les associations qui voudraient prendre exemple sur ce projet et remettre en valeur un autre élément de notre Petit Patrimoine à prendre contact directement avec nous.

Monument aux morts de Saintes

Dernières nouvelles :

L’inauguration du Monument aura lieu le mercredi 15/5/2013 à 10h30.

Cette restauration a fait l’objet d’une mention dans « La Lettre du Patrimoine » d’avril 2013 (en p. 47), un n° spécial entièrement consacré au Journal de la Restauration.

TUBIZE/Tubize, inventaire du Patrimoine.

 La Région wallonne (DGATLP – Direction du Patrimoine) a notamment pour mission de dresser l’inventaire du Patrimoine monumental de la Belgique.  Une première liste a été publiée en 1973 (Le Patrimoine Monumental de la Belgique.  Wallonie, 2, Brabant, Arrondissement de Nivelles, Sprimont, 1ère éd., 1973, 2e éd. 1998).  Elle a depuis été largement complétée, mais cette seconde liste n’a jamais été publiée.  Nous avons jugé utile de faire connaître les Monuments de notre commune qui étaient à l’Inventaire du Patrimoine.  Une attention toute particulière doit, en effet, leur être accordée par les autorités communales et régionales. 

Liste des monuments repris à l’Inventaire de 1973 :

  • Eglise paroissiale Sainte-Gertrude.
  • Rue de Bruxelles, n° 18-20.
  • Rue de Bruxelles, n° 60.  Ferme, puis Musée, ‘de la Porte’.
  • Rue de la Déportation, n° 14.  Cure de Tubize.
  • Rue des Six Cens[es], n° 11.  Grange de la Ferme « La Mecheré ». 
  • Rue du Try.  Ferme Vieille Cour.
  • [Av. S. Allende.] Ferme Neuve Cour.
  • Chemin de Froy, n° 16.  Ferme de Froy. [= Ferme Del Val ou des Pauvres]
  • Chemin du Moulin, n° 54.  [= Moulin de Ripain]
  • Route de Braine-le-Comte [? = Rue Neuve Cour], n° 37.  Ferme de Stierbecq. 

Ainsi, seuls 10 monuments sur toute l’étendue du territoire de Tubize avaient, à l’époque, été jugés dignes d’intérêt !  Cette liste, fort heureusement, a été revue à la hausse par la suite.  Nous nous efforcerons de compléter la liste de 1973 dans les mois qui viennent, en nous basant sur la liste et les dossiers conservés par la Direction du Patrimoine à Wavre, et sur les recherches effectuées par le Musée.  Nous nous limiterons ici à donner une description architecturale des Monuments.  Lorsque nous disposons d’assez d’éléments pour justifier la rédaction d’un article particulier, nous le ferons à part, en prenant soin d’établir des liens entre « articles » et « Inventaire ».  (Exemple : la ferme de la Neuve Cour) 

Il s’agit donc d’un projet à long terme, voué à évoluer au fil du temps et des découvertes.  Inutile de préciser que si vous possédez des documents (archives, photos, etc.), voire même de simples informations sur ces monuments, ils sont les bienvenus.  Nous remercions d’ailleurs d’avance tous ceux qui pourront nous aider dans notre tâche. 

Luc DELPORTE

Eglise paroissiale Sainte-Gertrude

Au centre de l’agglomération, assez grande bâtisse en arkose, de l’époque gothique tardive (commencée en 1549?), peut-être avec remploi ou sur des substructions plus anciennes. Plan se composant d’une tour occidentale, de trois nefs du type halle, profondes de trois travées, d’un pseudo-transept et d’un choeur à chevet plat. Sacristie de la 2e moitié du XVIIIe s. (reprise en 1837?) devant la fenêtre primitive du chevet. Solide tour de plan carré, superposant quatre étages accessibles par une vis d’escalier logée dans le contrefort Nord; ouïes avec meneaux en Y du clocher faiblement surhaussé en 1697 et flèche ardoisée de 1729 (?). Entrée dans l’axe par un portail en anse de panier, surmonté d’une nichette sculptée sous la verrière occidentale qui illumine le rez-de-chaussée largement ouvert vers la nef. Contre la tour, au Nord, chapelle baptismale sans doute contemporaire malgré la saillie du volume (colombe en stuc doré de l’arc). Vaisseaux aveugles de la 2e moitié du XVIe s., jadis couvert d’une voûte en bardeaux qui est préservée sous les combles; espace trapu qui fut rabaissé, malgré la petite surélévation en briques des murs goutterots, lors du lancement en 1743 (chronogramme aujourd’hui disparu) de voûtes d’ogives en briques avec décor pauvre en stuc des nervures et des pilastres. Bas-côtés séparés de la nef par des colonnes en pierre bleue sur un haut piédestal; voûtaison semblable y introduire au XVIIIe s.; portail du XVIe condamné au Sud. Pseudo-transept aux croisillons réduits, en fait liés et pareils aux nefs. Choeur du XVIe s. (inscription « Char / let / 1590 » sur la porte au Sud), de plan rectangulaire, qui a gardé sa couverture de bois en berceau brisé; fenêtre orientale bouchée. Au Sud, annexe du XVIIe s. (?) et appentis moderne au Nord. En 1942, mise au jour d’une crypte romane (?) en grès clair, arasée. Elle comprenait une abside semi-circulaire et une travée barlongue, où débouchait un escalier (comblé) et qui était probablement voûté en raison de la présence d’un tambour de colonne en son centre.

Photographies de l’IRPA   

 

Presbytère de Tubize

Rue de la Déportation, n° 14. Cure. Remarquable construction d’inspiration hennuyère à double corps et deux niveaux portant le chronogramme significatif de 1758 au-dessus de la porte « Taliter construit decimator ». Murs de briques, encadrés de harpes de pierre bleue, éclairés de baies à montants alternés de pierre bleue et linteau bombé orné d’une clé saillante. Porte à linteau bombé, couronné d’un larmier en ressaut; motif Louis XV stylisé au sommet des piédroits entaillés. Toiture à la mansard avec lucarne (couverture renouvellée).
 

Habitation du XVIIe siècle

Rue de Bruxelles, n° 18-20. A l’origine une seule habitation datée par ancres de 16… Façade entièrement remaniée dont il est aujourd’hui bien malaisé de tirer des déductions.
 

 

Ferme 'de la Porte', actuellement Musée

Rue de Bruxelles, 64. Musée ‘de la Porte’. Ancien logis de ferme (?). Intéressante maison parallèle à un étage, en style traditionnel, qui remonte au XVIIe s. Murs de briques, d’arkose (principalement pour le soubassement en moellons) et de grès pour les piédroits. Façade percée d’un porte en plein ceintre reposant sur des montants portant les initiales J.L.D. et surmontée d’une baie d’imposte rectangulaire; fenêtres à croisée. A l’arrière, porte ceintrée traditionnelle soulignée d’un larmier; frise de briques dentée. L’annexe possède une porte avec un encadrement bouchardé semblable, millésimé de 1777. Bâtière de tuiles. Remaniements : suppression des croisées au rez-de-chaussée; pignon restauré aux XIXe et XXe s. En face du corps principal, vestiges de dépendances démolies.

Ferme de Stierbecq

Rue Neuve Cour. Ensemble des XVIIe et XIXe s. La bâtisse centrale pourrait remonter au XVIIe s. Elle est élevée en briques sur un soubassement en moellons d’arkose. Fenêtre à linteau droit et encadrement en bois. Bâtière flanquée de pignons à épis au-dessus d’une corniche portée par des modillons de bois. Au XIXe s., le corps principal a été allongé de part et d’autre par des constructions basses. A l’abandon et en mauvais état de conservation. Cette ferme a été rasée depuis l’inventaire de 1973 !
 

Ferme de la Neuve Cour

Avenue Salvador Allende, n° 35.  Jadis en partie ceinturée d’eau, vaste ferme clôturée dont le bâtiment principal, traditionnel, remonte au XVIIe s. (?). Il s’agit d’un important corps de logis flanqué à l’angle d’une tourelle d’escalier coiffée d’une toiture en pavillon; r.d.ch. surhaussé en moellons avec piedroits et de lourdes chaînes d’angle en calcaire; étage en briques couvert d’une bâtière à coyau entre deux pignons à gradins (sept degrés plus le pinacle). Façade entièrement remaniée au XIXe-XXe s., mais qui conserve des traces de meneaux en bois. Perpendiculairement à la façade arrière, qui fut également aménagée, construction à pignons en escalier de la même époque (sept marches plus le pinacle). Dépendances des XIXe et XXe s.
 

Article sur la Neuve Cour 

Ferme de la Vieille Cour

Rue du Try, n° 2. Ferme Vieille Cour. Ensemble en ordre dispersé des XVIIe et XIXe s. autour d’une cour intérieure rectangulaire. A droite de l’entrée occupant le petit côté, logis à un étage de briques, dont le noyau remonte au XVIIe ou au début du XVIIIe s. L’étage conserve deux fenêtres à croisées, dont les montants sont dressés en chaînes de pierre. Toiture à forte pente avec un pan coupé. Transformations : fenêtres du rez-de-chaussée et entrée de l’annexe droite sont du XXe s. La façade arrière des écuries (à gauche), en schiste, souvre vers la cour par de petites fenêtres en bois et une porte surmontée d’un linteau monolitique en bâtière; une partie date toutefois du XIXe s. Face à l’habitation, grange en long couverte d’une toiture à pans coupés et datée en façade de 1827 par des briques en relief.
 

 

Ferme de Froy ? = Ferme Del Val

Chemin de Froy, n° 16. Quadrilatère au sommet d’une colline, datant en grande partie du dernier quart du XVIIIe s.; cour intérieure rectangulaire. Construction en briques, moellons et pierre bleue. Porte cochère en anse de panier dans le long côté perpendiculaire à la grange. Logis remanié sur le petit côté. Ecuries et dépendances aménagées au XIXe-XXe s. Grange en long sur un soubassement en moellons; ancres de bois; pignon à épis, percé d’une porte cochère en anse de panier et daté de « ID/IW/1779 » par des briques en relief.
 

Moulin de Ripain

Chemin du Moulin, n° 54 (en face du). Le long de la Senne, ancien moulin à eau, qui dépendait autrefois de Nivelles, daté au-dessus de la porte : « S (crosse) G / 1779 ». Construction en moellons et briques (principalement employées pour les restaurations et aménagements). Porte à piédroits et linteau droit de bois. Bâtière à un pan coupé vers la rivière. Percements remaniés (XIXe s. ?); annexes et roue à aubes du XIXe s. Un peu au-delà, maison basse en moellons avec des ancres de bois (époque ?). Baie à linteau droit en bois également. Réfections en briques.

Photographie de l’IRPA 

Grange de la ferme <em>La Mecheré</em>

Rue des Six Censes, n° 11. Grange en long de la 2e moitié du XVIIIe siècle. Construction appelée « La Macheré », en moellons enduits et coiffée d’une bâtière. L’accès s’opère par deux portes charretières dont l’encadrement en plates-bandes est surmonté d’un arc en anse de panier avec agrafe à la clé. A noter : les ancres en bois et les lourds contreforts.
 

 

Liste provisoire établie par l’OTP (arrêtée au 31/12/2010) :

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Potale Av. de Mirande
Ferme de la Neuve Cour Av. S. Allende 35
Eglise N-D Immaculée au Renard Ch. de Mons
Château Deflandre Ch. de Mons 644
Ancien relais de poste Ch. de Mons 701-703
Potale N-D de Halle Ch. de Mons 750
Ferme Delval Chemin de Froyes 16-18
Chapelle du Grand Bon Dieu Chemin des Prés 103
Ferme Desenfans Chemin Desenfants 12
Ferme Massart Chemin Massart
Cité de la Soierie Cité de la Soierie 1 à 21
Chapelle N-D à Bonne Ferme Massart
Eglise paroissiale Sainte-Gertrude Grand Place
Hôtel de Ville Grand Place 1
  Grand Place 11
  Grand Place 13
  Grand Place 18
Salle de la Boule d’Or Grand Place 19
Ancienne Brasserie de la Fontaine Pl. du Remblais 14
  Plateau de la Gare 13
  Plateau de la Gare 19
  R. A. Marcoux 30-36
  R. de Bruxelles 1
Ferme Tramasure R. de Bruxelles 178
Habitation datée par ancre 16.. R. de Bruxelles 18-20
  R. de Bruxelles 23-25
Ferme de la Porte (Musée) R. de Bruxelles 64
Fabrique de Soie artificielle de Tubize R. de Bruxelles 73-77, 80, 81-83, 85-99
Hêtre (arbre remarquable) R. de Clabecq
Potale R. de Coeurcq 148
  R. de la Croisette 24
  R. de la Croisette 28
  R. de la Croisette 30
  R. de la Croisette 32
  R. de la Croisette 34
  R. de la Croisette 36
Cimetière de Tubize R. de la Déportation
Gare de Clabecq R. de la Déportation
Commisariat de Police R. de la Déportation 1
  R. de la Déportation 1
Cure R. de la Déportation 14
Maison des célibataires R. de la Déportation 214
Maison du directeur R. de la Déportation 215
Maison de contremaître R. de la Déportation 82-83
Cité des Forges R. de la Déportation, 72-80 & 166-210
  R. de Mons 107
  R. de Mons 11
  R. de Mons 118
  R. de Mons 125
  R. de Mons 133
  R. de Mons 14
  R. de Mons 27
  R. de Mons 32
  R. de Mons 36
  R. de Mons 36
  R. de Mons 44
  R. de Mons 50-52
  R. de Mons 55
Potale du Sacré-Cœur R. de Mons 74
  R. de Mons 78
  R. de Mons 78
  R. de Mons 91
  R. de Scandiano 7
Ancienne carrière R. de Stimbert 45, à l’arrière
Poteau indicateur R. de Virginal
Chapelle Saint-Antoine R. de Virginal
Chapelle Saint-Pierre Clavier R. de Virginal
Chapelle Saint-Roch R. de Virginal 225
Maisons d’ouvriers R. des Forges (renvoi)
Tilleul (arbre remarquable) R. des Forges, à proximité du Trafic
ancienne filature de coton Dehase R. des Frères Lefort
  R. des Frères Taymans 105-107-109
  R. des Frères Taymans 71
Le Maronnier (arbre remarquable) R. des Frères Vanbellingen
Ancienne entrée des Ateliers Métallurgiques R. des Ponts 32
Chapelle de la Sainte-Famille R. des Six Censes
Ferme de la Macherez R. des Six Censes 11
Chapelle N-D de Lourdes R. du Moulin
Ancienne carrière de Ripain R. du Moulin
Ferme Miserez R. du Moulin 40A
Ancien moulin de Ripain R. du Moulin 55
Ferme de la Vieille Cour R. du Try 2
Maisons d’ouvriers R. E. Germeau 11-54 (renvoi)
Tilleul (arbre remarquable) R. Ferrer 15, école
Maisons ouvrières des Forges de Clabecq R. Luycx 94-122
Maisons ouvrières des Forges de Clabecq R. Marcoux 30 à 66
Chapelle N-D de Stierbecq R. Neuve Cour
  R. Peignies 22 ou 55
  R. Peignies 28
  R. Ripenoise 217
Hêtre pourpre 1830-1930 (arbre remarquable) Square de la Liberté
Eglise paroissiale du Christ Réssuscité  

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Cette page n’est pas encore achevée !

Elle sera complétée progressivement, au gré de l’avancement du projet « Inventaire du Patrimoine monumental de la commune de Tubize », initié par l’O.T.P.-Musée de la Porte.

La ferme et seigneurie de Neuve Cour à Tubize

 La ferme de Neuve Cour est sans aucun doute l’une des plus remarquables et des plus anciennes qui subsistent actuellement sur le territoire de Tubize.  Les bâtiments actuels remontent, pour partie, au XVIIe siècle, mais son histoire est beaucoup plus ancienne.

Description architecturale

Jadis en partie ceinturée d’eau, vaste ferme clôturée dont le bâtiment principal, traditionnel, remonte au XVIIe s. (?). Il s’agit d’un important corps de logis flanqué à l’angle d’une tourelle d’escalier coiffée d’une toiture en pavillon; r.d.ch. surhaussé en moellons avec piedroits et de lourdes chaînes d’angle en calcaire; étage en briques couvert d’une bâtière à coyau entre deux pignons à gradins (sept degrés plus le pinacle). Façade entièrement remaniée au XIXe-XXe s., mais qui conserve des traces de meneaux en bois. Perpendiculairement à la façade arrière, qui fut également aménagée, construction à pignons en escalier de la même époque (sept marches plus le pinacle). Dépendances des XIXe et XXe s.

Le Patrimoine monumental de la Belgique, Wallonie, 2, Brabant, arrondissement de Nivelles, Sprimont, 1973 & 1998, p. 542.

Peu d’auteurs s’y sont réellement intéressés, probablement parce que les documents font défauts et que les informations dont on dispose sont plutôt enigmatiques.  Nous avons rassemblé dans les lignes qui suivent ce que nous avons trouvé au sujet de cette ferme.

Elle devait certainement déjà exister au XIIIe siècle, puisque le chevalier de Ripain (mort vers 1311) était qualifié « de la Neuve Cour » dans un document du début du XIVe siècle.  Dans son testament (1311), dont l’original est conservé aux Archives de l’Etat à Louvain-la-Neuve (fonds des archives paroissiales de Tubize), Pierre de Ripain fait donation à l’hôpital de Lembeek de 45 bonniers d’héritages (terres tenues par un propriétaire, appellé « héritier », moyennant le payement d’un cens au seigneur dont elles dépendaient), tant en terres labourables, qu’en prés, eau, aulnois, pâturages et aisances, situées à Tubize.

Lors d’un procès retentissant qui opposa au milieu du XVIIIe siècle la Table des pauvres de Tubize et l’hôpital de Lembeek il fut souvent question de cette donation de Pierre de Ripain.  On y faisait notamment référence à des extraits d’un très vieux registre de compte de l’hôpital de Lembeek, qui remontait au début du XIVe siècle et donc aux origines de cette maison hospitalière, et où il est question des recettes procurées par les terres de Tubize léguées par « mesire Piere de Rypain del Noevecourt ».  Parmi les conditions imposées par Pierre de Ripain, figurait l’obligation pour l’hôpital de payer, en échange de la jouissance des terres,  une rente de 5 muids en faveur de la Table des Pauvres de Tubize.  Cette rente se prélevait sur les revenus de la ferme de Neuve Cour.  En d’autres termes, le propriétaire ou locataire de la Neuve Cour voyait les revenus de sa ferme grevés d’une rente annuelle de 5 muids au profit des pauvres de Tubize.  C’est une aubaine pour nous, car cette rente est soigneusement enregistrée dans les comptes de la Table des Pauvres, ce qui nous donne de précieux renseignements sur les occupants (propriétaires ou censiers) de la Neuve Cour.

Le plus ancien compte conservé remonte à 1557.  On y trouve la mention suivante, en recette (f° 7) :  » reçu par ledit mambour a la neufvecourt au nom de lospital de Lembecque, IIII m[uids]« , en en dépense (f° 11) : « Pour la donne de Pasque prins en la neufvecourt au nom de lospital de Lembeke IIII m[uids]« .  Ces mentions se répètent ainsi d’année en année sans grandes variantes.  Au départ, cette rente est prélevée sur la ferme de Neuve Cour au nom de l’hôpital de Lembeek, mais on précise qu’elle était payée par Charlotte de Glyme.  De 1669 à 1671, le texte se modifie légèrement et devient : « Du Sr Jacq Clément sur la cense et heritage de la noeuf court venant du Sr Daniel Tasselon et auparavant du Sr de Malcotte au nom de lospital de Lembecq et ordonné par le testament de messire Pierre chevaillier de Rippain selon qu’appert par ledit testament en date de … mois de may mil trois cens et onze «  .

 Que retenir de tout cela ?  Pierre de Ripain, par son testament de 1311, fit d’importantes donations de terres à l’hôpital de Lembeek, moyennant certaines conditions dont  une rente annuelle à verser à la Table des Pauvres de Tubize.  Dans les faits, cette rente était payée, au nom de l’hôpital de Lembeek, par la ferme de Neuve Cour.  Tout porte donc à croire que la Neuve Cour appartenait à Pierre de Ripain, d’autant plus qu’il était surnommé, quelques années seulement après sa mort, « de la Neuve cour ».  Au XVIe siècle, Charlotte de Glyme acquittait la rente.  Elle devait donc très probablement être propriétaire de la ferme.  La Neuve Cour passa ensuite dans le patrimoine de la famille de Malcotte, puis dans celle de Tasselon.

Le 25 janvier 1666, Jean-Jacques Clément, drapier à Bruxelles, époux de Anne Tasselon, achète à Daniel Tasselon et Gertrude van Liere la seigneurie foncière de Neufcourt.  Elle consistait alors en maison, grange, étables, avec plus de 80 bonniers de terres, pâturages, bois, viviers.  Elle était tenue pour partie de l’abbesse de Nivelles, pour partie du seigneur de Tubize.  Il s’agissait donc d’une grosse exploitation agricole.

La Neuve Cour passa par la suite à leur fille (Barbe-)Josine Clément (1642-1687), épouse de Henri Hysman, seigneur de Druggenode à Ittre (1630-1704).  On retrouve ensuite la ferme dans le patrimoine de la famille Huysman, dont une branche se fit appeller « d’Annecroix et de Neufcourt ».

La suite de l’histoire de la Neuve Cour doit encore être retracée.  Nous savons simplement, à la suite de Tarlier et Wauters et de Joseph Demeur, qu’en 1855, elle appartenait à Mlle Vifquain, et que cette dernière en fit donation aux « Pauvres de Tournai ».  En 1929 elle appartenait aux Usines Destordeur.

Il reste donc beaucoup à découvrir sur cette magnifique ferme.  Nul doute que de nouvelles trouvailles viendront compléter, à l’avenir, nos connaissances à son sujet.

Luc DELPORTE

  

Repris à l’Inventaire du Patrimoine monumental de la Belgique.

Repris sur la liste communale des bâtiments d’intérêt.

Avenue Salvador Allende 35 – Tubize
Privé

  Sources :

  • Archives paroissiales de Tubize, Comptes de la Table des Pauvres.
  • Luc DELPORTE, Les Ripain (XIIIe-XIVe siècles), bienfaiteurs des hôpitaux de Lembeek, de Rebecq et de la Table des Pauvres de Tubize, dans Annales du Cercle d’Histoire Enghien-Brabant, t. 1, 1999-2000, pp. 25-52.
  • René GOFFIN, La famille Clément, originaire du Pays d’Enghien, dans Annales du Cercle Archéologique d’Enghien, t. 10, 1955-57, pp. 274-277.
  • Joseph DEMEUR, Histoire de la commune de Tubise, [Tubize], 1929, p. 26.

A la découverte du Patrimoine classé … le puits miraculeux Sainte-Renelde

En prenant la rue de Rebecq, on rejoint le puits Sainte-Renelde, encadré par les fermes de Fournehaut et de sainte Renelde ou du Laubecq. 

Ce puits, qui était à l’origine une fontaine, est l’objet d’un pèlerinage thérapeutique encore fort couru de nos jours.  Les pèlerins y viennent pour y puiser une eau réputée miraculeuse, surtout pour les maladies de peau et des yeux.  Il est surmonté d’une imposante structure en fonte datant du milieu du 19e s., sommée par la statue de sainte Renelde.  Des fouilles archéologiques, pratiquée en 2000, ont permis d’établir qu’il n’est probablement pas antérieur au 16e s., mais qu’une fontaine plus ancienne devait avoir existé à quelques mètres de là.  Ces structures, repérées par sondage, n’ont pas encore été fouillées.  Restauré dans le cadre des fouilles, le puits est aujourd’hui illuminé la nuit. 

Luc DELPORTE

A la découverte du Patrimoine classé … l’église Sainte-Renelde de Saintes

Au centre de la jolie place du village, se dresse l’église Sainte-Renelde, remarquable édifice gothique hennuyer du milieu du 16e s.  Sa tour massive a été érigée dès 1553, comme en atteste la clé de voûte.  Une partie des murailles de l’église est plus ancienne, notamment celles du chœur qui remontent à l’époque romane.  La riche chapelle Sainte-Renelde, ajoutée au 17e s. sur le flanc Sud du chœur, conserve la châsse avec les reliques de sainte Renelde.  L’intérieur du chœur a été entièrement rénové dans la 2e ½ du 18e s. et la sacristie date de cette époque.  L’église de Saintes, centre d’un pèlerinage encore fréquenté, recèle un très riche mobilier, souvent en relation avec le culte de la patronne locale.  On épinglera, dans la chapelle Sainte-Renelde, outre la châsse (1811) dont les statuettes remontent au milieu du 14e s., un retable (mutilé par un vol) de la fin du 15e ou du début du 16e s., attribuable aux ateliers Borman de Bruxelles.  Pièce rarissime, le tableau généalogique de sainte Renelde (1569), attirera certainement l’attention.  La porte d’entrée de la chapelle est surmontée d’une magnifique statue de sainte Renelde, datée des environs de 1500 et ayant la même origine que le retable.  Un intéressant triptyque présentant une descente de croix, datant de 1600, vient d’être restauré et a été judicieusement installé dans le bras du transept nord de l’église, face à l’autel de la Vierge.  Enfin, terminons avec le Char de procession de sainte Renelde, remisé au fond de l’église, qui chaque année à la Trinité promène la châsse lors du Grand Tour. 

Luc DELPORTE

A la découverte du Patrimoine classé … le char de procession de sainte Renelde

 Le jour du Tour de Saintes, la châsse avec les reliques de sainte Renelde parcourt sur un char de procession un itinéraire de 28 km dans les campagnes environnantes (tour de la paroisse primitive de Saintes).  L’utilisation d’un char de procession est aussi ancienne que le Tour lui-même, déjà mentionné comme d’ancienne coutume au XVe siècle.  Le char actuel date de 1773.  Il est l’un des rares objets mobiliers a avoir été classé comme Monument historique (1992).  Il a été fabriqué à Enghien, au château des ducs d’Arenberg, par le menuisier Schoonheydt, le maréchal Badelon et le charron La Rivière, tous les trois d’Enghien.  Comme tous les chars de procession, le char de Saintes se compose d’un châssis ou « train » supportant une « caisse » qui elle-même soutient la châsse contenant les reliques de la sainte. 

Le 26 mai 1773, le mayeur et les échevins de Saintes au grand complet se transportèrent à Enghien pour aller chercher le char.  Celui-ci avait été conservé pendant 5 mois dans une remise du château, vraisemblablement pendant toute la durée de sa fabrication.  C’est sous l’escorte des gens de loi (mayeur et échevins) que le nouveau char quitta Enghien et gagna, pour la première fois, l’église de Saintes à il fut accueilli au son des cloches sonnant à toute volée et par la liesse populaire.  Ce char effectua pour la première fois le Grand Tour en 1773. 

Luc DELPORTE

pour plus de détails :

Char de sainte Renelde