Petit patrimoine : Magnifique exposition au Musée ‘de la Porte’ sur les décrottoirs

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Le Musée ‘de la Porte’ accueillera les oeuvres de l’artiste : CHRISTOPHE H.

Cette exposition qui se déroulera du 13 au 28 septembre 2014 vous invitera à la découverte du petit patrimoine tubizien et de ses environs ….

Nous vous invitons au vernissage le vendredi 12 septembre 2014 à partir de 19h30…

Quelques mots de l’artiste….

En 2006, Christophe Holemans a commencé à photographier au gré de ses promenades quotidiennes un petit objet que la modernité et la rapidité de notre monde contemporain laissaient peu à peu dans l’oubli : les décrottoirs. Et pourtant, l’œil aiguisé de l’artiste a traqué l’objet et les classiques niches dans les façades ou les simples lames aux entrées des maisons bourgeoises ont progressivement ouvert des perspectives vers des modèles plus élaborés, des torsades rappelant les cygnes de l’art nouveau ou des « culottes » ainsi rebaptisées parce qu’elles évoquaient un harnachement de trois branches. Peu à peu, le hasard des promenades a laissé la place à une recherche systématique, par rues et par quartiers de Bruxelles. Avec plus de 800 clichés et presqu’autant de modèles, Christophe Holemans a proposé à la cellule du petit patrimoine de la ville de Bruxelles de monter une exposition sur les décrottoirs de Bruxelles afin de sensibiliser les habitants et les touristes à ce petit objet témoin d’un temps passé, qui nous en disait beaucoup tant sur l’architecture que sur l’hygiène des rues et les promenades de nos ancêtres. Aidé par Laurence Rosier pour la partie historique et documentaire, il a ainsi exposé 1000 photos dé décrottoirs, réalisant ainsi un travail inédit, à la fois historiographique et artistique sur ce petit objet oublié. L’exposition fut un beau succès à l’été 2011 puisqu’elle accueillit 20000 visiteurs et raviva la mémoire des bruxellois qui laissèrent des témoignages touchants dans les livres d’or de l’exposition.

Dans la foulée, Christophe et Laurence décidèrent de publier un ouvrage reprenant les textes et une large sélection des photographies de l’exposition, projet qui déboucha sur la sortie aux éditions racine en 2012 du livre trilingue : Décrottoirs ! Le livre fut lancé simultanément à une seconde exposition centrée cette fois sur la commune d’Ixelles, réputée pour avoir quelques-uns des plus beaux modèles de décrottoirs issus de l’art nouveau. Là encore, l’exposition en juin 2012 à l’ULB rencontra un franc succès.

Si la tenue d’un site et des contacts internationaux enrichissent chaque jour leur collection (on trouve en effet des décrottoirs tant à New-York qu’en Suède ou en Algérie), Christophe et Laurence n’ont pas oublié la terre où ils sont choisi de vivre depuis plusieurs mois. Installés à Quenast, leur insatiable curiosité les a fait se pencher sur les décrottoirs à Tubize et aux alentours (Brabant wallon). Alors que Bruxelles et d’autres villes illustrent la dimension urbaine du décrottoir et son aspect décoratif, la moisson recueillie dans la région rappelle le geste ancestral du paysan raclant la boue de ses sabots avec la lame de son couteau : on trouvera donc ici tant le décrottoir « des villes », signe d’un certain statut social sur certaines maisons de maître que le décrottoir « des champs » situé à l’entrée des fermes ou des cités populaires. L’exposition entend rappeler l’existence de ce petit objet de mémoire, lien entre la cité et la campagne, auquel l’écrivain François Bon a rendu hommage dans son autobiographie des objets (2012) puisqu’il y figure entre le nylon et le bateau à voile comme ces objets qui nous construisent…

Scénographie générale de l’exposition :

L’exposition a une visée à la fois didactique et artistique : le parcours dans la salle entend autant instruire le citoyen sur l’histoire du décrottoir lié à l’histoire de sa région et à une approche des habitudes de civilité et d’hygiène d’une époque révolue, que montrer sous des angles artistiques divers les décrottoirs : les planches contacts obligent à se pencher (au sens propre) sur un petit patrimoine généralement oublié, à l’aide d’une loupe, et les grands formats alimentent un imaginaire où soudain le décrottoir rappelle une porte d’entrée, l’âtre des cheminées, le devant d’un poêle ou un gigantesque fer à cheval…

On insistera sur l’articulation entre la ville et la campagne, propre à la région.


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