Hôtel de ville

Déjà au XVIIIe siècle, une « maison commune » servait de lieu de réunion pour les autorités villageoises.  Au XIXe siècle, ce bâtiment abrita la « salle commune », ainsi que l’école communale et le logement de l’instituteur.  Dans la nuit du dimanche 31 octobre 1887, un incendie détruisit complètement l’édifice.  Quelques courageux parvinrent à sauver des flames les registres de l’Etat Civil et d’autres archives, mais tout le reste disparut dans les flammes. 

En attendant la construction d’une nouvelle Maison communale, l’administration communale fut alors logée dans un bâtiment situé à proximité de la gare.  En 1888, décision est prise par le Conseil Communal de reconstruire une Maison communale.  Un concours est organisé et remporté par un jeune architecte bruxellois, Léon Govaerts qui deviendra, par la suite, très renommé. 

L’adjudication des travaux se fit le 12 septembre 1889 au profit d’un entrepreneur de Buizingen, Mr. Devleminck, pour la somme de 53.884,90 francs.  La première pierre était posée le 29 mars 1890 et le nouvel édifice inauguré officiellement en grande pompe le 24 avril 1892. 

Architecturalement, la nouvelle Maison communale se présente comme un intéressant édifice de style éclectique en brique et calcaire sur un haut soubassement en moellons de calcaire.  Il est situé à l’angle de la Grand-Place et de la rue de la Déportation (ancienne rue de Nivelles) et est marqué par sa puissante tour carrée, légèrement en saillie des deux côtés.  Le bâtiment comprend trois niveaux de hauteurs croissantes, dont un troisième en bâtière recouverte d’ardoises, le tout reposant sur des caves hautes.  A front de la Grand-Place, il présente cinq travées et deux travées pour le pignon le long de la rue de la Déportation. A l’angle se dresse la tour carrée à une travée sur trois niveaux et sommée d’une toiture d’ardoises en forme de dôme (toit à l’impériale), dont chaque face comporte une lucarne à croupe, surmontée d’un clocheton et d’une longue girouette. 

La simplicité de l’ordonnance est frappante.  Le traitement différent des fenêtres à chaque étage (hauteurs croissantes) et celui des horizontales enlève toute monotonie.  Chaque niveau est parcouru de bandeaux non saillants en brique grise, se détachant sur la surface de brique rouge, tandis que les étages sont délimités par des bandeaux saillants en pierre calcaire plus claire. 

Des baies à meneau avec montants monolithes en calcaire éclairent le sous-sol. Le première niveau est percé des baies à double meneau, équipées d’un linteau droit et d’un appui saillant en calcaire.  Les arcs de décharge sont en brique à clé et sommiers en calcaire.  Le second étage est équipé de hautes baies à croisée, à six jours, avec linteau en appui saillant en calcaire.  Elles sont sommées de grands arcs de décharge en brique.  Au-dessus des linteaux, les tympans sont décorés d’une alternance de briques émaillées jaunes et vertes.  

L’entrée principale du bâtiment se fait par la cinquième travée par un perron majestueux menant à une porte monumentale en brique, sous un arc de blocs de calcaire dont les sommiers sont taillés en pointe de diamant.  Une épaisse moulure droite en saillie et clé porte les armoiries couronnées de Tubize.  La tour à angles écornés porte une dalle rectangulaire en calcaire avec l’inscription LEON GOVAERTS / ARCHITECTE.  Le troisième niveau de la tour est ajouré d’une très haute fenêtre semblable à celle du deuxième niveau et présente un tympan en brique émaillée et orné du millésime 1890, gravé dans un bloc de calcaire.  On remarquera, au troisième niveau de la tour, la présence de trois fines colonnettes. 

Les matériaux utilisés étaient la brique de Tubize, les pierres de taille de Soignies et d’Ecaussines, les gîtages et charpentes en sapin rouge, les menuiseries extérieures en chêne, les portes intérieures en sapin et l’escalier en hêtre.  La façade n’a pas subi de modifications importantes depuis la construction de l’édifice, contrairement à l’intérieur qui a connu des transformations liées à l’évolution de la destination du bâtiment. 

A l’origine, la disposition intérieure des locaux était la suivante : en sous-sol, l’entrée de l’école industrielle, un local d’asile, deux cachots et la cave à charbon; au rez-de-chaussée, deux salles de classe de l’école industrielle, le commissariat de police et la loge du concierge; au premier étage, le cabinet du bourgmestre, le secrétariat, une salle de vote et de réunion, la salle du Conseil et des mariages, et un dépôt d’archives; au deuxième étage, une grande salle des fêtes avec scène, balcon, vestiaire, loge et magasin. 

L’école industrielle et le commissariat de police ont depuis émigré vers d’autres lieux.  Et pour des raisons de sécurité en cas d’incendie, la grande salle des fêtes a été désaffectée en 1962.  Subdivisée sur deux niveaux, elle sert aujourd’hui de bureau et de grenier.  Notons également que l’escalier monumental a été transformé à deux reprises, en 1910 et en 1930, et ne correspond plus à la conception d’origine de Léon Govaerts.  La décoration intérieure qui, à l’origine, était néo-gothique, a plusieurs fois été refaite.  L’ambiance intérieure du bâtiment est donc radicalement différente.

© Luc DELPORTE

Bibliographie :

  • J.-M. BAZIN, Léon Govaerts (1860-1930), un architecte de transition, Mémoire de licence en Archéologie et Histoire de l’Art, UCL, 1992.
  • L’Emulation, vol. XVII, nouvelle série, 2e année, 1892 (Organe de la Société centrale d’Architecture de Belgique).
  • J.-P. DEHON, Tubize. La maison communale, dans Le patrimoine moderne et contemporain de Wallonie de 1792 à 1958, Namur, 1999, pp. 70-72.
Salle des fêtes de la Maison communale
Betchard et Hôtel de ville - photo GLH

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