Saintes


SAINTES

  • 868-869 ad Sanctas, « aux saintes [reliques] » selon toute vraisemblance ; hydronyme préhistorique signifiant « ruisseau brillant » ou « méandreux » selon une hypothèse récente
  • Saintois
  • Plateaux limoneux brabançons, entre 50 et 90 m d’altitude
  • Village résidentiel et agricole
  • ligne de bus 471 Tubize-Halle-Enghien, Halle ; A8 sortie 23
  • Autrefois 1593 ha, dont 614 ha seulement, avec le centre du village, sont passés à Tubize lors de la fusion des communes, le reste étant rattaché à Rebecq ; 2 531 habitants

 

HISTOIRE

Comme ailleurs, des traces d’occupation aux époques préhistoriques et gallo-romaines ont été mises au jour sur le territoire de Saintes. 

La tradition lie le village à la figure de Renelde, sainte locale ayant vécu au 7e s.  Elle aurait fait don à l’abbaye de Lobbes du domaine mérovingien qu’elle possédait à Saintes.  Cette abbaye possédait effectivement le village au 9e siècle et y exploitait un vaste domaine, décrit dans le célèbre polyptyque de l’abbaye (868-869). 

A l’époque féodale, les avoués de Saintes usurpèrent progressivement droits et biens de l’abbaye de Lobbes.  Ni le règlement d’avouerie de 1173, ni l’accord de 1465, ne les empêchèrent de devenir les véritables seigneurs de la localité.  L’abbaye conserva toutefois une très importante seigneurie foncière sur environ 2/3 du territoire.  La cense du Laubecq ou ferme de sainte Renelde en était le centre. 

Une autre abbaye, celle de Ninove, y possédait également un domaine d’une certaine importance, la seigneurie d’Herbecq.  Enfin, il existait aussi des seigneuries laïques, Mussain, Pont-à-Wisbecq, et Ramelot. 

Jusqu’à ce qu’il se construise un château à Saintes (2e ½ du 17e s.), le seigneur de Saintes exerçait la justice dans la grande salle du corps de logis de la cense du Laubecq, lors des 3 plaids généraux annuels.  Il possédait également un moulin à vent (aujourd’hui disparu), dont l’existence est attestée dès le 14e s. et qu’il ne faut pas confondre avec le moulin de Saintes actuel, construit en 1775. 

Le village de Saintes resta essentiellement rural jusque dans la seconde moitié du 20e s.  Ensuite, il se mua progressivement en village dortoir, se couvrant de lotissements où se sont installés en majorité des navetteurs travaillant à Bruxelles. 

Jusqu’à nos jours, le cœur du village bat au rythme de la plus ancienne de ses traditions, le Tour Sainte-Renelde, le dimanche de la Trinité.  Cette procession à cheval, inchangée depuis l’époque médiévale, accompagne le char de procession et les reliques de sainte Renelde au cours d’un périple de près de 30 km dans les campagnes environnantes.  Saintes a toujours été un lieu de pèlerinage important.  On y vient encore de nos jours pour y puiser de l’eau au puits Sainte-Renelde, réputé miraculeux, en particulier pour les maladies de la peau et des yeux. 

 

À VOIR

Au centre de la jolie place du village, se dresse l’église Sainte-Renelde, remarquable édifice gothique hennuyer du milieu du 16e s.  Sa tour massive a été érigée dès 1553, comme en atteste la clé de voûte.  Une partie des murailles de l’église est plus ancienne, notamment celles du chœur qui remontent à l’époque romane.  La riche chapelle Sainte-Renelde, ajoutée au 17e s. sur le flanc Sud du chœur, conserve la châsse avec les reliques de sainte Renelde.  L’intérieur du chœur a été entièrement rénové dans la 2e ½ du 18e s. et la sacristie date de cette époque.  L’église de Saintes, centre d’un pèlerinage encore fréquenté, recèle un très riche mobilier, souvent en relation avec le culte de la patronne locale.  On épinglera, dans la chapelle Sainte-Renelde, outre la châsse (1811) dont les statuettes remontent au milieu du 14e s., un retable (mutilé par un vol) de la fin du 15e ou du début du 16e s., attribuable aux ateliers Borman de Bruxelles.  Pièce rarissime, le tableau généalogique de sainte Renelde (1569), attirera certainement l’attention.  La porte d’entrée de la chapelle est surmontée d’une magnifique statue de sainte Renelde, datée des environs de 1500 et ayant la même origine que le retable.  Un intéressant triptyque présentant une descente de croix, datant de 1600, vient d’être restauré et a été judicieusement installé dans le bras du transept nord de l’église, face à l’autel de la Vierge.  Enfin, terminons avec le Char de procession de sainte Renelde, remisé au fond de l’église, qui chaque année à la Trinité promène la châsse lors du Grand Tour. 

Sur la place, l’Arbre de la Liberté, un platane planté en 1830 par les volontaires Saintois qui participèrent à la Révolution belge, commémore l’Indépendance de notre pays.

En prenant la rue de Rebecq, on rejoint le puits Sainte-Renelde, encadré par les fermes de Fournehaut et de sainte Renelde ou du Laubecq. 

Ce puits, qui était à l’origine une fontaine, est l’objet d’un pèlerinage thérapeutique encore fort couru de nos jours.  Les pèlerins y viennent pour y puiser une eau réputée miraculeuse, surtout pour les maladies de peau et des yeux.  Il est surmonté d’une imposante structure en fonte datant du milieu du 19e s., sommée par la statue de sainte Renelde.  Des fouilles archéologiques, pratiquée en 2000, ont permis d’établir qu’il n’est probablement pas antérieur au 16e s., mais qu’une fontaine plus ancienne devait avoir existé à quelques mètres de là.  Ces structures, repérées par sondage, n’ont pas encore été fouillées.  Restauré dans le cadre des fouilles, il est aujourd’hui illuminé la nuit.      

La cense de Fournehaut, appelée aujourd’hui la ferme du Puits de sainte Renelde, accueille banquets et mariages.  On y exploita jadis une distillerie et la Brasserie de la Fontaine Sainte-Renelde. 

La cense du Laubecq, que l’on appelle aussi la ferme de sainte Renelde, était jadis le centre agricole de l’important domaine foncier de l’abbaye de Lobbes.  Ses bâtiments sont essentiellement des 18e et 19e s., mais certaines parties remontent néanmoins aux 16e et 17e s.  

En descendant la rue de la Station, on aperçoit, de l’autre côté du chemin de fer, le parc du château de Mussain.  Un château médiéval occupa il y a bien longtemps le site.  Il fut remplacé au 18e s. par un château résidentiel démoli à son tour après la Seconde Guerre mondiale.  Les bâtiments de la ferme castrale subsistent et ont été transformés en habitation cossue.   

Au nord de Mussain, on trouve la ferme d’Herbecq, qui était le centre d’une seigneurie foncière appartenant depuis le 12e s. à l’abbaye de Ninove.  L’édifice actuel, des 18e et 19e s. a été remarquablement rénové et accueille désormais banquets ou réunions d’entreprises. 

En empruntant la chaussée d’Enghien vers Halle, on aperçoit, sur la droite, englobée dans le zoning industriel, la ferme de Ramelot, jadis au centre d’une petite seigneurie foncière. 

Plus loin, sur la gauche, le moulin à vent de Saintes ou moulin d’Hondzocht, se dresse toujours fièrement.  Contrairement à ce qui a parfois été affirmé, il ne remonte pas au-delà de 1775, date de sa construction.  Il s’agit néanmoins d’un remarquable exemple de moulin en brique sur tertre avec calotte tournante.  Son mécanisme d’origine est intégralement conservé.  Il fera prochainement l’objet d’une restauration complète qui lui permettra de tourner et de moudre à nouveau et d’accueillir les collections rurales du musée communal. 

  

CALENDRIER DES EVENEMENTS

  • Trinité : kermesse de Saintes et Grand Tour Sainte-Renelde
  • fin de l’hiver : carnaval des enfants

Luc DELPORTE

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