Clabecq

CLABECQ

  • en 1183 Glabbec, de Glad = lisse, glissant, et beek = ruisseau
  • Clabecquois
  • Plateaux limoneux brabançons, entre 40 et 110 m d’altitude
  • Village agricole transformé par une forte industrialisation au 19e siècle
  • ligne de bus 115A Tubize-Braine-l’Alleud et Rapidobus 2 Nivelles-Tubize
  • 413 ha (auparavant 387 ha) ; 4 437 habitants

 

 HISTOIRE

A l’origine, Clabecq était intégré dans le grand domaine de Tubize, propriété dès le Haut Moyen Age de l’abbaye de Nivelles.  A l’époque féodale, les comtes de Louvain, avoués de l’abbaye, usurpèrent une partie du domaine nivellois et y taillèrent des fiefs pour leurs vassaux.  C’est là très probablement l’origine de la seigneurie de Clabecq.  Frizo de Clabecq, mentionné en 1183, en est le plus ancien détenteur connu.  Relevant de Gaesbeek (auparavant vraisemblablement des Aa), le fief de Clabecq comprenait un château, des terres et des droits seigneuriaux, ainsi qu’un nombre important d’arrières-fiefs jusqu’à Dworp.  A côté de cette seigneurie laïque, le chapitre de Nivelles continua à posséder une seigneurie foncière d’une certaine importance, dont le centre était la ferme de Vraimont. 

En 1752, le seigneur du lieu obtint l’autorisation de reconstruire un moulin à farine sur la Sennette.  Quelques années plus tard, en 1781, la transformation de ce moulin donna naissance aux Forges de Clabecq.  Cette usine connaîtra une croissance soutenue durant toute l’industrialisation du 19e siècle pour devenir un fleuron de la sidérurgie belge.  De petit hameau agricole, Clabecq s’urbanisa rapidement et vit fleurir les cités ouvrières.  Sur le plan paroissial, Clabecq resta une dépendance de la paroisse de Tubize jusqu’en 1863.  C’était d’ailleurs une des rares communes de Belgique à ne pas avoir d’église avant cette date. 

 

À VOIR

L’Eglise Saint-Jean-Baptiste, de style néo-roman, est l’œuvre de l’architecte E. Coulon (1867).  Face à son entrée principale, sur une placette arborée, se dresse, à l’ombre d’un tilleul planté lors du 100e anniversaire de l’Indépendance, l’élégante statue de Josse Goffin (1830-1887), ancien maître des Forges, sculptée par l’artiste J. de Lalaing en 1888.

Dans la rue des Déportés, en direction de Lembeek, on rencontre tout d’abord la Grande Cense de Clabecq.  Cette ferme de la première moitié du 18e siècle se distingue par son corps de logis, sa grange en long et une porte cochère d’arkose frappée aux armes des Cottereau, anciens seigneurs de la localité (16e s.).  Plus loin on rejoint la ferme de Vraimont, intéressant bâtiment du 18e siècle, qui fut jadis le centre de la seigneurie foncière de l’abbaye de Nivelles à Clabecq. 

En direction de Braine-le-Château, par la rue Saint-Jean, on rejoint la petite chapelle Saint-Jean-Baptiste, datant du 19e siècle.  On dit quelle remplace une chapelle plus ancienne, érigée dès le 15e s.  Plus bas dans la rue, on a dépassé le Temple protestant de l’Eglise Evangélique, de fort bel aspect, construit en 1902. 

Si l’on prend la rue du Château, on aboutit à l’antique demeure des seigneurs de Clabecq.  On prétend que le château de Clabecq actuel remplace une fortification plus ancienne bâtie à quelques distances de là, mais cela reste à démontrer.  L’édifice actuel remonte au plus tôt au 16e siècle.  Entièrement construit en pierre d’arkose locale, il a bien failli disparaître.  Devenu propriété des Forges de Clabecq (1947), il servit tout un temps de logements pour des familles italiennes dans les années 1950.  C’est alors qu’on lui donna le nom de « château des Italiens ».  Laissé à l’abandon trop longtemps, il fait actuellement l’objet d’une restauration profonde et d’une réaffectation en logements.  Ce château est doublé d’une très belle ferme du 18e siècle, entièrement en arkose. 

A proximité de ce château, on observe encore les vestiges d’anciennes carrières d’arkose, pierre typiquement locale dont sont fait la plupart des édifices anciens des environs.  La plus grande d’entre elle, malheureusement au fond d’une propriété privée, est remplie d’eau et constitue un véritable écrin de nature au milieu des habitations ouvrières de Clabecq.

De l’autre côté du canal (inauguré en 1832), tout l’horizon est occupé par ce qu’il reste des bâtiments des Forges de Clabecq.  Né d’un moulin à battre le fer installé en 1781 dans le moulin à farine du seigneur de Clabecq, la modeste usine des origines va rapidement bénéficier du canal Bruxelles-Charleroi et d’une des toutes premières lignes ferroviaires du pays avec une gare à Tubize dès 1840.  Au terme de la Révolution industrielle, les Forges de Clabecq constitueront l’entreprise la plus importante de la région.  Mais le 20e siècle sera pour l’usine une lente agonie qui s’achèvera dans les années 1990.  Après la faillite en 1997 et malgré la reprise par Duferco Clabecq, le site est progressivement fermé et abandonné. 

 

CALENDRIER DES EVENEMENTS

lundi de Pâques, passage de la procession Saint-Véron

Luc DELPORTE