Promenade des Grées du Loù à Oisquercq

 

  

Qui étaient les « Grées du Loû » ?

 

Eglise Saint Martin à Oisquercq

C’est le 11 mai 1933 que les Grées du Loû achetèrent le château d’Oisquercq.  Le Comte « des Grées du Loû » était, sous Louis XV, Président de la Noblesse aux Etats de Bretagne et les « des Grées » faisaient partie de la Noblesse de France avant 1375.   Emile des Grées du Loû aura d’importantes attaches et sera d’une grande générosité pour les habitants de la commune d’Oisquercq.  Il gérait l’importation des voitures Volvo pour la Belgique.  Il permettra à bon nombre d’Oisquerquois de travailler chez Volvo.  Les Grées du Loû s’intéressaient à la vie du village et étaient de grands chrétiens.

Monsieur des Grées du Loû est également à l’origine de la création de la société « Le Cercle Saint-Martin », pour venir en aide aux prisonniers et aux personnes qui souffraient de l’occupation durant la guerre.  Tous les deux ans, le fonds Emile des Grées du Loû financera les voyages scolaires, permettra l’achat de matériel scolaire, des jouets pour la Saint-Nicolas, des œufs de Pâques, des cadeaux pour la remise du premier prix de français,… et ce, jusqu’au décès de Madame des Grées du Loû.  Nous sommes ici à la veille du grand bouleversement qui va transformer la physionomie du village, les travaux du canal sont imminents.  Bien que plusieurs projets de tracés aient été étudiés pour préserver le château et son parc, ils seront quand même engloutis.

Le 4 octobre 1957, les habitants concernés reçoivent un recommandé d’expropriation ; le 1 juillet 1960, les bulldozers entrent en action.  Les travaux sont rapides, quelques Oisquercquois assistent à la démolition du château.  Pour des raisons de santé, Monsieur des Grées du Loû se retire dans le Var, en France, où il décéda le 23 septembre 1966.  Il sera quand même à l’origine des fastes du centenaire de l’école en 1964.  A cette occasion, il mettra en oeuvre tous les moyens qui permettront la réussite de la fête.  Un cortège, composé de nombreuses Volvo et de camions décorés par les enfants, sillonnera le village.

En témoignage de son attachement et en souvenir de sa terre natale, il fit ériger un magnifique calvaire breton à côté de l’église.  Il fut inauguré le 22 mai 1960.

Il décédera le 23 septembre 1966 après une longue et pénible maladie, au Trayas dans le Var, et sera inhumé dans le caveau de la famille au cimetière d’Oisquerq le 29 septembre 1966.  Son enterrement restera gravé dans la mémoire des Oisquercquois.  Madame des Grées du Loû décédera à Forest le 27 décembre 1982.  Elle sera inhumée dans le caveau de la famille au cimetière d’Oisquercq le 30 décembre 1982.  Avec la disparition du château, de son parc, le décès de Monsieur et Madame des Grées du Loû, c’est tout un chapitre de l’histoire d’Oisquercq qui s’envole.

Aujourd’hui, de ce passé riche en faits divers et anecdotes, en bâtiments et arbres séculaires, plus rien ne demeure, si ce n’est pour nous rappeler à nos souvenirs, la « Place Emile des Grées du Loû ».

 

 

ITINERAIRE :

 Sentiers, chemins campagnards et bois

 Départ/retour :  Eglise d’Oisquercq, place des Grées du Loû

  • ·  1 heure 15 arrêts non compris – 4,1 km

” Parking, café-épicerie à proximité

 

Dirigeons-nous vers le bas de la place où se situe l’église du village et descendons ensemble par la rue du Canal.  Nous passons au-dessus de l’ancienne ligne de chemin de fer Tubize-Ecaussinnes que l’on projette d’aménager en sentier pédestre.  Les voies furent enlevées au mois d’avril 1989.  Après un coude à droite, nous tournons à gauche afin de passer sur le pont au-dessus du canal Bruxelles-Charleroi.

 0,3 km / 0,3 km

 Sur notre gauche se situait le moulin d’Oisquercq.  A l’emplacement du canal se trouvait le vaste domaine et le château d’Oisquercq.  Il ne subsiste plus que la ferme du château qui mérite assurément le détour.   En continuant par la rue du Canal, nous arrivons, dans un virage à gauche, à une plaine de jeux.

0,3 km / 0,6 km

 Nous continuons cette rue et, de suite après la plaine de jeux, nous tournons à gauche par un sentier qui débute par quelques mètres de pavés.  Nous longeons maintenant les installations de l’usine sidérurgique « Duferco ».  Nous tournons à droite dans la première rue rencontrée, c’est la rue du Plat Quertain.

 0,5 km / 1,4 km

 Nous restons dans un site boisé.  Au prochain carrefour, nous tournons à droite dans la rue de la Haute Borne.

0,3 km / 1,4 km

 Laissons à gauche l’Allée des Poètes et poursuivons tout droit.  Au T suivant, nous tournons à gauche dans la Drève du Vivier.

0,5 km / 1,8 km

Nous montons et peu avant la grand-route Clabecq – Ittre, nous tournons franchement à droite pour passer derrière les habitations du lotissement des Bruyères.  Nous arrivons ainsi à la rue d’Ittre. 

0,5 km / 2,3 km

 A cet endroit, nous suivons face à nous un sentier à travers le Bois d’Oisquercq.  Nous traversons quelques petits ruisseaux et laissons sur la gauche un sentier.  Nous continuons tout droit pour atteindre la rue du Calvaire.

0,5 km / 2,8 km

 A la sortie du bois, nous tournons directement à droite dans un sentier qui descend vers les anciennes installations de Séditel – Sédilec. 

0,5 km / 3,3 km 

Nous suivons vers la droite la rue du Bon Voisin qui nous ramène à la rue du Canal.

0,2 km / 3,5 km

 En tournant vers la gauche, nous repassons le pont du Canal; avant de prendre à droite puis à gauche pour revenir vers la place des Grées du Loû.

0,6 km / 4,1 km

 

 Commentaires

Ferme de l’ancien Château d’Oisquercq

 Oisquercq était une seigneurie qui relevait de Braine-l’Alleud et qui possédait déjà une petite fortification à la fin du XIIe siècle.  Un ancien château brûla en 1635.  Celui que l’on reconstruisit en 1639 fut démoli en 1820.  Le dernier château, construit par la famille van Hoobrouck, datait de 1833.  Il fut occupé par les Grées du Loû de 1933 à 1960.  On l’expropria le 28 juin 1960 pour l’élargissement du canal.  De l’ancien domaine, il ne reste plus qu’une partie de la ferme seigneuriale. 

 Eglise d’Oisquercq

L’église d’Oisquercq, dédiée à Saint-Martin, est un pittoresque édifice planté au centre du village sur une butte cimetérale.  La tour, en moellons avec ouïes gothiques plus tardives, ainsi que les soubassements de la nef remontent aux XIIe-XIIIe siècles.  Le portail et la nef (briques) sont du XVIIe siècle.  Le chœur de style gothique tardif, édifié en 1520, est plus élancé que la nef.

Nous sommes ici en présence d’un des plus beaux monuments de Tubize, classé comme Monument historique depuis le 8 mars 1938.  La cure, magnifique bâtiment de 1766 situé à la gauche de l’église, mérite assurément le détour. 

Calvaire Breton à Oisquercq

 Dressé à l’extérieur de l’église, au sud du chœur, ce calvaire authentiquement breton est sculpté dans du granit d’Hinglé (Morlaix).  Offert par les Grées du Loû au village d’Oisquercq, il fut transporté depuis la Bretagne, remonté et inauguré le 22 mai 1960. 

 Moulin d’Oisquercq

Le Moulin d’Oisquercq, établi depuis le Moyen Age sur la Sennette, était activé par une chute d’eau de 2,45 m.  Deux roues hydrauliques faisaient tourner trois couples de meules.  L’écrin champêtre où ce moulin était bâti disparut lors des travaux d’élargissement du canal en 1962.  La façade du moulin a été conservée et est aujourd’hui reconstituée dans la cour du Musée « de la Porte ».

 

1 Comment

  1. Merci pour cet article, que je découvre seulement !
    Vous avez raison, l’enterrement de Monsieur des Grées du Loû reste mémorable pour les Oisquercquois de l’époque, dont je faisais partie. J’avais 6 ans alors,nous habitions sur la place même, au n°11. Ma soeur agée de 16 ans a dû se rendre à l’épicerie qui se situait alors près de l’église ; l’évènement était tellement important pour le village, que l’on construisit juste pour l’occasion une sorte « d’allée mortuaire » jusqu’à l’entrée de l’église. Le montage de l’allée était alors en cours, toute une structure en bois qui serait recouverte de toile noire. Passant au travers du chantier en cours, elle trébucha sur les poutrelles de bois et se fît une belle entaille au genou. Je crois qu’elle pleura plus de ne pouvoir se rendre à l’enterrement que de sa blessure ( soignée en ce temps par les soeurs de Oisquercq, n’y avait-il pas un couvent ? )
    Toute une enfance à Oisquercq et que de merveilleux souvenirs !

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