Nos plus anciens chemins : le chemin de Nivelles

Le réseau des voies de communication de nos villages est très ancien.  Sa structure de base est même souvent pré-romaine.  Le centre de Tubize était un nœud routier relativement important avec les passages de la Senne et de la Sennette.  Dans les prochains numéros, je vous propose de passer en revue ces principaux chemins, qui remontent généralement à la période romaine, et sont parfois même antérieurs.  Commençons par le vieux chemin de Tubize à Nivelles, qui correspond à l’axe rue de la Déportation (Tubize) jusqu’à l’actuelle place Josse Goffin (Clabecq) où il y avait un carrefour – rue du Château (Clabecq) – rue de l’Alliance (Clabecq) – rue de Clabecq (Oisquercq).

Ce chemin s’appelait jadis, sur toute sa longueur, le chemin de Nivelles.  Rappelons que Tubize était une possession de l’abbaye de Nivelles déjà à l’époque carolingienne (IXe s.) et peut-être même plus tôt (du temps des mérovingiens, au VIIe s.).  Il reliait donc le domaine (la villa comme on disait à l’époque) de Tubize à son centre, l’abbaye de Nivelles.  Plusieurs indices démontrent cependant que ce chemin était antérieur à l’époque médiévale.  Des traces archéologiques (romaines), repérées tout au long de son tracé, attestent qu’il existait déjà aux IIe-IIIe s.  Le chemin de Nivelles était un diverticule romain (route secondaire) permettant de relier le vicus (l’agglomération) de Liberchies, sur la chaussée Bavay-Tongres-Cologne, aux vicus d’Helewijt, sur la chaussée Tongres-Kester, et de Kester, sur la chaussée Bavay-Asse.

Au niveau de Clabecq, ce diverticule bifurquait vers Braine-le-Château (rue Saint-Jean) pour rejoindre la route de Nivelles à Halle, dont l’origine est aussi romaine.  Un autre embranchement bifurquait vers Tubize (rue de la Déportation) pour passer la Sennette, rejoindre le diverticule Waudrez-Kester (rue de Virginal – rue des Frères Taymans – Plateau de la Gare – rue de Bruxelles, dont je parlerai la prochaine fois), passer la Senne à Tubize et poursuivre vers Kester (chaussée d’Hondzocht).

La rue de la Déportation a été baptisée ainsi en 1919 en mémoire des 466 habitants de Tubize déporté en Allemagne en novembre 1916.  Je reviendrai ultérieurement sur la place Josse Goffin.

La rue du Château, qui va de la place de Clabecq à la Route Provinciale, était considérée au XIXe siècle comme un chemin de grande communication.  En 1867, il s’agissait encore d’un chemin creux.  Petit à petit il fut remblayé avec des crasses et des cendrées des Forges pour en faire un chemin plus praticable.  Le plan d’alignement des rues du Canal, de Saint-Jean, du Château, de Vraimont (= rue des Déportés), date de 1866.  En 1908, sous l’impulsion du bourgmestre de Virginal Catala, toutes les rues de grande communication de Virginal, Ittre et Clabecq furent pavées sur 3 m de largeur.  Ce pavage concerna la rue actuelle du Château, le début de la rue Saint-Jean et la rue des Déportés.

Entre 1925 et 1930, s’effectua le bétonnage et l’égouttage de la rue du Château, puis, en 1955, le bourgmestre Dison équipa la rue d’égouts modernes de grande profondeur et de beaux trottoirs.  Finalement, le bourgmestre Vanpée asphalta la rue.  Son nom indique simplement que cette rue mène au château des seigneurs de Clabecq, connu aujourd’hui sous le nom de « château des Italiens ».

Je ne reviendrai pas sur la rue de l’Alliance, dont il a été question dans un n° précédent.

La Rue de Clabecq, de la Route Provinciale, sur Clabecq, en direction du village d’Ittre, sert de limite entre les anciennes communes d’Oisquercq et d’Ittre.  En venant d’Ittre, cette rue mène à Clabecq, ce qui lui vaut son nom actuel.

Luc Delporte

Article rédigé pour le Bulletin communal de novembre 2013

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