Un monument commémoratif disparu ! Appel à renseignements

Il y a peu, Emile Boucher, alias le «Commandant Claude», héros de la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale et Citoyen d’Honneur de la commune de Tubize, nous a contacté puis rendu visite au Musée pour avoir des renseignements sur un monument commémoratif qui existait jadis au Petit-Bruxelles à Saintes, juste à la limite avec Quenast.

 A mon grand regret, je ne disposais d’aucun renseignement.  Pire encore, j’ignorais jusqu’à l’existence de ce monument commémoratif sur le territoire du village de Saintes !  J’ai bien tenté de trouver quelques renseignements en consultant notre bibliothèque, en sollicitant un collectionneur de cartes postales sur Saintes et en interrogeant l’une ou l’autre personnes ressources, mais en vain.  Finalement, c’est Emile Boucher en personne qui m’apporta les premiers éléments d’information.  Il avait fini par trouver auprès de ses multiples contacts des photographies du monument en question et m’en apportait des photocopies.  Comme je n’ai pas eu l’occasion de voir les originaux et que ces copies sont de bonne qualité, ce sont elles que je vous livre ici.  Il m’a en effet semblé qu’il fallait les publier pour que ce monument disparu ne tombe pas définitivement dans l’oubli. 

 Ce monument commémorait le combat mortel que livrèrent les frères Verkleeren contre les Allemands à la Libération.  Il avait été bâti avec des matériaux locaux, la pierre de Quenast (porphyre) et de la marbrite, production des verreries de Fauquez à Virginal. 

L’édifice était assez imposant.  Sur la photographie, on distingue parfaitement une sorte de plate-forme à laquelle on accédait par trois marches.  Les marches semblent former une sorte de demi-cercle.  Au fond de la plate-forme, une stèle se dresse, accostée de deux colonnettes décorées d’une mosaïque en marbrite.  La stèle, qui devait mesurer plus de deux mètres de haut, était recouverte d’un revêtement en cimorné et d’une grande plaque sombre, probablement en marbre, sur laquelle on distingue vaguement un lion entouré d’une inscription.  Dans le haut de la stèle, de part et d’autre de la plaque, on peut lire les dates «1940» et «1945».  Le texte de l’inscription n’est pas lisible, mais il y a fort à parier qu’elle mentionne les noms des Résistants morts pour notre liberté.  A l’avant-plan, on distingue encore le micro qui servit aux orateurs le jour de l’inauguration du monument.   

La seconde photographie a été prise au moment de cette inauguration.  La stèle est encore partiellement recouverte d’un drapeau belge.  La foule était nombreuse.  Un officiel prononce un discours.  Les drapeaux des Associations patriotiques entourent l’orateur.  Sur la droite, on aperçoit un groupe de personnes arborant des banderoles.  Il s’agissait de Partisans Armés du Borinage qui profitaient de l’inauguration du monument pour manifester leur mécontentement suite au procès intenté contre certains de leurs membres pour avoir abattu des collaborateurs présumés.  Cela ne plaisait d’ailleurs pas au «Commandant Claude», comme il me l’a confié.  Pour lui, l’heure était au recueillement et à la commémoration, non à la protestation. 

 Ce monument n’a malheureusement pas survécu.  Il a été abattu dans l’indifférence pour permettre la construction d’une habitation.  Il n’a pas été remplacé, sinon par une petite plaque commémorative en pierre bleue, apposée à l’entrée du cimetière de Saintes.  

On dispose malheureusement de très peu de renseignements sur les événements qui justifièrent l’érection de ce monument.  Que s’était-il réellement passé ?  Qui étaient les frères Verkleeren ?  Parfois même, les informations que j’ai pu recueillir sont fortement contradictoires.  Aussi, le Musée serait reconnaissant à toute personne qui pourrait fournir des renseignements précis sur les frères Verkleeren, sur le monument commémoratif érigé au Petit-Bruxelles et sur sa disparition.  Nous nous ferons un plaisir de les publier, afin qu’ils ne tombent pas dans la même indifférence qui à permis la destruction du monument.  C’est là, je pense, notre devoir de Mémoire. 

 Luc DELPORTE

 

Nouvelles Musée, 4, 11-2009

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