Restauration du Monument commémoratif aux anciens combattants dans l’ancien cimetière de Saintes

Le Musée, en collaboration avec la section F.N.C. de Saintes (Mr Guy Magnus), l’école communale Arc-en-Ciel et l’école des Sacré-Coeurs de Saintes, a lancé un projet de remise en état du Monument commémoratif aux anciens combattants situé dans l’ancien cimetière de Saintes.

Ce projet s’inscrit dans le cadre plus vaste du parrainage par les écoles de Saintes des monuments patriotiques, projet ambitieux initié par la section F.N.C. du village.  Les deux écoles primaires de Saintes ont fait une demande explicite pour que ce monument soit restauré.  Avec l’expertise et l’aide logistique du Musée (Office du Tourisme et du Patrimoine), un dossier de restauration et de demande de subsides auprès de la DG04 (Département du Patrimoine, Direction de la Restauration Petit Patrimoine Populaire Wallon) a été introduit par l’Association des Anciens Combattants et le Musée.

La Commission instaurée par le Gouvernement wallon pour l’octroi de subventions pour la restauration, la rénovation, la valorisation et la mise en valeur du Petit Patrimoine Populaire Wallon a remis un avis favorable sur notre projet en date du 19/11/2012.  Le Ministre Carlo Di Antonio nous a fait savoir par courrier du 9/1/2013 qu’il avait signé l’arrêté d’octroi de subvention d’un montant de 1936 €.  Nous allons enfin pouvoir commencer les travaux, dès que le climat le permettra.

La restauration consistera

  • à démonter les anciennes dalles de pierre endommagées,
  • à découper les anciennes broches gonflées par la corrosion,
  • à coller et à mastiquer les éclats de pierre,
  • à poser de nouvelles broches en inox,
  • à reposer les éléments de pierre,
  • et à rejointoyer l’ensemble du monument.

Cette remise en état bien nécessaire devrait être achevée pour le mois de mai 2013.  Les enfants des écoles pourront alors inaugurer le monument en grande pompe, à l’occasion des cérémonies patriotiques.

Le Musée se réjouit évidemment que de tels projets soient réalisés et que de telles collaborations soient possibles.  Il invite donc les particuliers et les associations qui voudraient prendre exemple sur ce projet et remettre en valeur un autre élément de notre Petit Patrimoine à prendre contact directement avec nous.

Monument aux morts de Saintes

Dernières nouvelles :

L’inauguration du Monument aura lieu le mercredi 15/5/2013 à 10h30.

Cette restauration a fait l’objet d’une mention dans « La Lettre du Patrimoine » d’avril 2013 (en p. 47), un n° spécial entièrement consacré au Journal de la Restauration.

Préserver aujourd’hui … pour demain

Tel est le slogan d’une campagne d’information organisée par le Département du Patrimoine de la DGATLPE (SPW) et l’Institut du Patrimoine wallon (IPW) dans toute la Wallonie.  Celle-ci a fait étape à Tubize, au Musée ‘de la Porte’ récemment.  Elle vise à informer les citoyens sur les « Fiches d’état sanitaire » (FES) de biens classés, sur la « Maintenance du Patrimoine classé » et sur le « Petit Patrimoine populaire wallon » (PPPW). 

Les deux premières thématiques concernent uniquement les propriétaires et les gestionnaires de biens classés.  Par contre, le Petit Patrimoine Populaire concerne tout le monde.  Il ne s’agit pas ici des « grands monuments », des bâtiments remarquables, mais des traces plus humbles qui marquent de leur empreinte le paysage de nos villes et de nos campagnes : fontaines, potales ou chapelles, perrons, anciens poteaux indicateurs, enseignes, bornes, arbres à clous, monuments commémoratifs … Tous ces témoins familiers du passé, des modes de vies, des croyances, des traditions ou des coutumes, contribuent au sentiment d’appartenance et sont de réels facteurs d’identification pour la population locale.  Ils méritent donc, tout comme les biens les plus prestigieux, d’être protégés et transmis aux générations futures. 

Pour les sauvegarder, des subsides existent.  Tant les particuliers que les autorités publiques peuvent bénéficier d’un subside pour protéger, restaurer ou valoriser ce petit patrimoine ou les arbres qui y sont parfois associés.  Ce subside s’élève à 7.500 € TVAC maximum pour les travaux, après acceptation du dossier par une commission d’avis.  L’intervention peut même atteindre la somme de 15.000 € TAVC maximum dans le cadre d’appels à projet thématiques.  Pour les opérations de sensibilisation à la sauvegarde du Petit Patrimoine ou à la promotion de ce dernier (publications, brochures, panneaux informatifs, etc.), le subside s’élève à 2.480 € maximum. 

Comment procéder ?  Vous êtes propriétaire d’un élément de ce Petit Patrimoine Populaire et vous voulez le restaurer ou le valoriser ?  Votre association s’intéresse à ce Patrimoine et voudrait agir pour qu’il ne disparaisse pas ?  Vous pouvez introduire un dossier en vous adressant auprès du Département du Patrimoine de la DGATLPE.  Ces démarches vous effrayent ?  Vous pouvez contacter l’Office du Tourisme et du Patrimoine de Tubize qui vous fournira l’aide nécessaire.  N’hésitez donc pas à nous contacter au 02/355.55.39 ou directement au Musée ‘de la Porte’, rue de Bruxelles, 64. 

 Appel à projet : nos mémoires vives. 

 Le patrimoine mémoriel relatif aux deux guerres mondiales fait l’objet d’une campagne particulière.  Des projets autour des monuments aux morts, y compris dans les cimetières, mais également des sépultures des victimes des deux conflits (résistants, condamnés, déportés, victimes de bombardements, de dégâts collatéraux, …) peuvent bénéficier d’un subside spécial pouvant atteindre 15.000 € TVAC.  Une attention particulière sera portée aux projets ayant un axe scolaire et pédagogique.  Ici aussi, l’OTP-Musée ‘de la Porte’ se tient à votre disposition pour vous aider dans l’élaboration d’un projet. 

 Luc DELPORTE

Monument commémoratif en l’honneur de Frans Verkleeren

Dans un précédent article, nous lancions un appel au sujet d’un monument commémoratif disparu.  Cet appel n’est pas resté sans effets puisque nous avons reçu des informations de la part de notre photographe Joseph Bierrewaerts.  Le mystère quant au monument disparu reste toutefois entier.  Nous espérons donc toujours recevoir d’autres renseignements. 

Les frères Verkleeren

 Frans Verkleeren, né à Saintes le 19 avril 1911.  Chef du détachement de la 2e Compagnie des Partisans Armés du secteur du Brabant.  Fusillé à Braine-le-Château le 4 septembre 1944.

Gustave Verkleeren, né à Saintes le 7 novembre 1919.  Arrêté le 29 juin 1944.  Rescapé de Breendonk.  Décédé en mars 1945 entre Leonberg et Bergen-Belsen (Allemagne).

Roger Verkleeren, né à Saintes le 5 septembre 1922.  Arrêté le 29 juin 1944.  Rescapé de Breenkonk.  Décédé le 22 janvier 1945 à Valhingen (Allemagne).

Le 29 juin 1944, les trois frères, Partisans Armés, étaient en service commandé.  Ils recherchaient des parachutistes anglais, mais se sont fait surprendre vers 5 heures du matin par une brigade de la Feldgendarmerie dans le bois Dupont à Saintes.  Gustave et Roger ont été arrêtés et envoyés en captivité à Breendonk, puis en Allemagne.  Frans, qui s’était enfui, fut repris le 4 septembre et fusillé dans le bois de Braine-le-Château. 

A Saintes, une rue leur est dédiée : rue des Frères Verkleeren. 

Un monument commémoratif disparu ! Appel à renseignements

Il y a peu, Emile Boucher, alias le «Commandant Claude», héros de la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale et Citoyen d’Honneur de la commune de Tubize, nous a contacté puis rendu visite au Musée pour avoir des renseignements sur un monument commémoratif qui existait jadis au Petit-Bruxelles à Saintes, juste à la limite avec Quenast.

 A mon grand regret, je ne disposais d’aucun renseignement.  Pire encore, j’ignorais jusqu’à l’existence de ce monument commémoratif sur le territoire du village de Saintes !  J’ai bien tenté de trouver quelques renseignements en consultant notre bibliothèque, en sollicitant un collectionneur de cartes postales sur Saintes et en interrogeant l’une ou l’autre personnes ressources, mais en vain.  Finalement, c’est Emile Boucher en personne qui m’apporta les premiers éléments d’information.  Il avait fini par trouver auprès de ses multiples contacts des photographies du monument en question et m’en apportait des photocopies.  Comme je n’ai pas eu l’occasion de voir les originaux et que ces copies sont de bonne qualité, ce sont elles que je vous livre ici.  Il m’a en effet semblé qu’il fallait les publier pour que ce monument disparu ne tombe pas définitivement dans l’oubli. 

 Ce monument commémorait le combat mortel que livrèrent les frères Verkleeren contre les Allemands à la Libération.  Il avait été bâti avec des matériaux locaux, la pierre de Quenast (porphyre) et de la marbrite, production des verreries de Fauquez à Virginal. 

L’édifice était assez imposant.  Sur la photographie, on distingue parfaitement une sorte de plate-forme à laquelle on accédait par trois marches.  Les marches semblent former une sorte de demi-cercle.  Au fond de la plate-forme, une stèle se dresse, accostée de deux colonnettes décorées d’une mosaïque en marbrite.  La stèle, qui devait mesurer plus de deux mètres de haut, était recouverte d’un revêtement en cimorné et d’une grande plaque sombre, probablement en marbre, sur laquelle on distingue vaguement un lion entouré d’une inscription.  Dans le haut de la stèle, de part et d’autre de la plaque, on peut lire les dates «1940» et «1945».  Le texte de l’inscription n’est pas lisible, mais il y a fort à parier qu’elle mentionne les noms des Résistants morts pour notre liberté.  A l’avant-plan, on distingue encore le micro qui servit aux orateurs le jour de l’inauguration du monument.   

La seconde photographie a été prise au moment de cette inauguration.  La stèle est encore partiellement recouverte d’un drapeau belge.  La foule était nombreuse.  Un officiel prononce un discours.  Les drapeaux des Associations patriotiques entourent l’orateur.  Sur la droite, on aperçoit un groupe de personnes arborant des banderoles.  Il s’agissait de Partisans Armés du Borinage qui profitaient de l’inauguration du monument pour manifester leur mécontentement suite au procès intenté contre certains de leurs membres pour avoir abattu des collaborateurs présumés.  Cela ne plaisait d’ailleurs pas au «Commandant Claude», comme il me l’a confié.  Pour lui, l’heure était au recueillement et à la commémoration, non à la protestation. 

 Ce monument n’a malheureusement pas survécu.  Il a été abattu dans l’indifférence pour permettre la construction d’une habitation.  Il n’a pas été remplacé, sinon par une petite plaque commémorative en pierre bleue, apposée à l’entrée du cimetière de Saintes.  

On dispose malheureusement de très peu de renseignements sur les événements qui justifièrent l’érection de ce monument.  Que s’était-il réellement passé ?  Qui étaient les frères Verkleeren ?  Parfois même, les informations que j’ai pu recueillir sont fortement contradictoires.  Aussi, le Musée serait reconnaissant à toute personne qui pourrait fournir des renseignements précis sur les frères Verkleeren, sur le monument commémoratif érigé au Petit-Bruxelles et sur sa disparition.  Nous nous ferons un plaisir de les publier, afin qu’ils ne tombent pas dans la même indifférence qui à permis la destruction du monument.  C’est là, je pense, notre devoir de Mémoire. 

 Luc DELPORTE

 

Nouvelles Musée, 4, 11-2009