Procession du Tour de Sainte-Renelde – 2014

Ce week-end, 14 et 15 juin 2014, se déroulera la procession du Tour de Sainte-Renelde à Saintes.

Du point vue historique, les origines du Tour Sainte-Renelde de Saintes se perdent dans la nuit des temps.

Contrairement à d’autres manifestations de ce genre, le souvenir de sa date de création s’est effacé. Mais il est déjà mentionné en 1451 comme étant « d’ancienne coutume », ce qui fait remonter son existence au moins à quelques générations auparavant. Une hypothèse plausible le ferait remonter au milieu du XIVe siècle, comme la ducasse de Mons, à la suite de la terrible Peste Noire qui décima l’Europe. Une autre hypothèse, moins assurée cependant, fixe sa création à l’époque où la paroisse primitive de Saintes englobait encore le village de Bierghes (indépendant paroissialement dès la fin du XIIe siècle). Si cela devait se vérifier, cela ferait du Tour de Saintes l’une des processions encore en vigueur les plus anciennes du pays.

Quoi qu’il en soit, la description du Tour donnée en 1451 permet d’affirmer qu’il se déroule encore aujourd’hui de la même manière qu’au Moyen Age. Il offre ainsi un magnifique exemple de ces traditions orales, profondément encrées dans les populations qui les vivent, qui ont traversé les siècles pour arriver jusqu’à notre époque pratiquement intactes. De ce point de vue, le Tour mérite tout notre respect. Il est réellement digne d’autant d’intérêt que des manifestations mieux connues parce que se déroulant dans de grandes villes et attirant, de ce fait, d’avantage l’attention. Les responsables de la Communauté française ne s’y sont pas trompés. La reconnaissance du Tour de Saintes le démontre.

Si vous souhaitez de plus amples informations, n’hésitez pas à nous contacter… 

Nos plus anciens chemins : le chemin de Nivelles

Le réseau des voies de communication de nos villages est très ancien.  Sa structure de base est même souvent pré-romaine.  Le centre de Tubize était un nœud routier relativement important avec les passages de la Senne et de la Sennette.  Dans les prochains numéros, je vous propose de passer en revue ces principaux chemins, qui remontent généralement à la période romaine, et sont parfois même antérieurs.  Commençons par le vieux chemin de Tubize à Nivelles, qui correspond à l’axe rue de la Déportation (Tubize) jusqu’à l’actuelle place Josse Goffin (Clabecq) où il y avait un carrefour – rue du Château (Clabecq) – rue de l’Alliance (Clabecq) – rue de Clabecq (Oisquercq).

Ce chemin s’appelait jadis, sur toute sa longueur, le chemin de Nivelles.  Rappelons que Tubize était une possession de l’abbaye de Nivelles déjà à l’époque carolingienne (IXe s.) et peut-être même plus tôt (du temps des mérovingiens, au VIIe s.).  Il reliait donc le domaine (la villa comme on disait à l’époque) de Tubize à son centre, l’abbaye de Nivelles.  Plusieurs indices démontrent cependant que ce chemin était antérieur à l’époque médiévale.  Des traces archéologiques (romaines), repérées tout au long de son tracé, attestent qu’il existait déjà aux IIe-IIIe s.  Le chemin de Nivelles était un diverticule romain (route secondaire) permettant de relier le vicus (l’agglomération) de Liberchies, sur la chaussée Bavay-Tongres-Cologne, aux vicus d’Helewijt, sur la chaussée Tongres-Kester, et de Kester, sur la chaussée Bavay-Asse.

Au niveau de Clabecq, ce diverticule bifurquait vers Braine-le-Château (rue Saint-Jean) pour rejoindre la route de Nivelles à Halle, dont l’origine est aussi romaine.  Un autre embranchement bifurquait vers Tubize (rue de la Déportation) pour passer la Sennette, rejoindre le diverticule Waudrez-Kester (rue de Virginal – rue des Frères Taymans – Plateau de la Gare – rue de Bruxelles, dont je parlerai la prochaine fois), passer la Senne à Tubize et poursuivre vers Kester (chaussée d’Hondzocht).

La rue de la Déportation a été baptisée ainsi en 1919 en mémoire des 466 habitants de Tubize déporté en Allemagne en novembre 1916.  Je reviendrai ultérieurement sur la place Josse Goffin.

La rue du Château, qui va de la place de Clabecq à la Route Provinciale, était considérée au XIXe siècle comme un chemin de grande communication.  En 1867, il s’agissait encore d’un chemin creux.  Petit à petit il fut remblayé avec des crasses et des cendrées des Forges pour en faire un chemin plus praticable.  Le plan d’alignement des rues du Canal, de Saint-Jean, du Château, de Vraimont (= rue des Déportés), date de 1866.  En 1908, sous l’impulsion du bourgmestre de Virginal Catala, toutes les rues de grande communication de Virginal, Ittre et Clabecq furent pavées sur 3 m de largeur.  Ce pavage concerna la rue actuelle du Château, le début de la rue Saint-Jean et la rue des Déportés.

Entre 1925 et 1930, s’effectua le bétonnage et l’égouttage de la rue du Château, puis, en 1955, le bourgmestre Dison équipa la rue d’égouts modernes de grande profondeur et de beaux trottoirs.  Finalement, le bourgmestre Vanpée asphalta la rue.  Son nom indique simplement que cette rue mène au château des seigneurs de Clabecq, connu aujourd’hui sous le nom de « château des Italiens ».

Je ne reviendrai pas sur la rue de l’Alliance, dont il a été question dans un n° précédent.

La Rue de Clabecq, de la Route Provinciale, sur Clabecq, en direction du village d’Ittre, sert de limite entre les anciennes communes d’Oisquercq et d’Ittre.  En venant d’Ittre, cette rue mène à Clabecq, ce qui lui vaut son nom actuel.

Luc Delporte

Article rédigé pour le Bulletin communal de novembre 2013

Clip vidéo sur le Tour Sainte-Renelde

Le Musée a collaboré à la production d’un clip vidéo sur le Tour Sainte-Renelde réalisé par une société de production française.  Les images ont été tournée lors du week end de la Trinité 2013.  Pour le découvrir, rendez-vous s sur leur Site Web en cliquant sur le bouton ci-dessous.

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Tour Sainte-Renelde

Rue de l’Achonfosse (Tubize)

Le conseil communal du 14 juin 1967 a pris la décision d’attribuer le nom de « rue de l’Achonfosse »  à une nouvelle voirie créée dans la quartier du Stierbecq, perpendiculaire à la rue des Rossignols.

L’Achonfosse est le nom d’un bois situé au nord de Tubize, juste à la limite de Saintes, bordant actuellement l’autoroute A8.  Par extension, il désigne aussi le ruisseau qui y prend sa source, et des prairies qu’il baigne.  Ce petit ri recevait jadis les eaux de la fontaine de Stierbecq (disparue).  En partie voûté, il se jette dans la Senne.  Il alimentait encore au XVIIIe siècle une pièce d’eau, le Grand Vivier, dont la retenue était artificielle, près de la ferme Meulepas dont il ne reste rien aujourd’hui.

La première partie du toponyme (asson-, achon-) est germanique et provient du mot aski-, le frêne.  Souvent planté par les Germains en raison de la dureté de son bois, il servait à la fabrication des armes.  La seconde partie (-fosse), pourrait faire référence à un vivier ou à une carrière.  A proximité, on trouve la Fosse Gilles ou Fosse Gelte.  Près de sa source, rive gauche, le ri est bordé d’un talus élevé et abrupte, trace éventuelle d’une très ancienne carrière.

Bibliographie

  • C. DE BRABANTER, Tubize, dans Tubize et son Passé. Mémoires émaillées, Recueil de la Tour d’Hobruges, 22, 2009, p. 7.
  • M. SAINT-GUILAIN, Toponymie de la commune de Tubize (Ni 34), ULB, Mémoire de licence inédit, 2004-2005, pp. 32-33.
  • TW, Tubise, ? –
  • L. LAUWERS, Tubise. Aperçu historique, Clabecq, 1968, p. 26.

Rue Cavée (Saintes)

La rue Cavée est un tronçon d’un ancien chemin qui conduisait du Grand Trou (à la limite nord entre Bierghes et Saintes) jusqu’au Tri de Froye.  Il portait le nom de chemin de Quehain dans sa partie nord et de chemin de Laquebonde au sud de la chaussée d’Enghien.  La rue Cavée correspond plus précisément au tronçon du chemin de Laquebonde entre le chemin de la Brasserie (actuelle rue de Rebecq) et l’ancien Grand Chemin d’Enghien (remplacé par la chaussée d’Enghien).  Dans certains texte, on la dit aussi « rue du Moulin », car elle menait au moulin banal de Saintes, situé au carrefour de la rue Quehain avec la Chaussée.

Sa signification est celle de « chemin creux », chemin entre deux talus, ce qui correspond assez bien à la topographie des lieux.

Bibliographie

  • C. DE BRABANTER, Saintes, dans J.-M. DELATTRE et C. DE BRABANTER, Tubize et son passé.  Mémoires émaillées, recueil de la Tour d’Hobruges, 22, 2009, p. 49.

Dernière version : 01/06/2013 – © L. DELPORTE, Musée ‘de la Porte’