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Chemin de Fer de Chimay – Belgique

Notice historique

En 1856, concession est donnée à la Compagnie de Chimay pour établir une ligne de chemin de fer reliant Chimay à Mariembourg.  Le 18/08/1857, la société anonyme de la Compagnie du Chemin de Fer de Mariembourg à Chimay (fondée le 06/09/1856) est remplacée par la Société du Chemin de Fer de Chimay.  La ligne concédée sera opérationnelle dès 1858.

Durant les deux premières années d’exploitation, la traction des trains se fit au moyen de locomotives louées à la compagnie d’Entre-Sambre-et-Meuse.  Ce n’est qu’ensuite que la compagnie de Chimay acheta son propre matériel.

A l’ouest de Chimay, un tronçon rejoignant Momignies et la frontière française fut ouvert le 08/11/1859.  Un arrêté du 05/12/1862 lui accorda la concession d’une voie entre Mariembourg et Hastière, ce qui permettait la jonction avec le réseau du Chemin de Fer de l’Est Belge et avec le Chemin de Fer du Nord-Belge.  La section Mariembourg-Doische fut ouverte au trafic le 30/03/1864, et celle entre Doische et Hastière le 05/03/1866.

Le réseau complet du CF de Chimay s’étendait ainsi sur pratiquement 60 km.

Dès 1875, un accord lia la Compagnie de Chimay avec la Compagnie du Nord-Belge.  Désormais, si la compagnie de Chimay restait propriétaire de son matériel roulant, ses locomotives était révisées dans les ateliers de Nord Belge de Saint-Martin, près de Charleroi.  De plus, le prêt de locomotives « Nord Belge » était fréquent.

Matériel roulant fabriqués par les Ateliers de Tubize

 

  • PORTER : 1Bt (2-4-0t) [1 essieu porteur à l’avant, 2 essieux moteurs + tender]
  • FOUR COUPLED : B (0-4-0) [2 essieux moteurs / tender séparé]
  • SIX COUPLED : C (0-6-0) [3 essieux moteurs / tender séparé]
  • Nombre d’exemplaires : 1 + 2 + 3 = 6 au total.
  • N° de fabrication supposé : Tz 19, 24-25, 43-44, 74.  Certitude pour les Tz 19, 24-25.

 

Dans une brochure rédigée en 2008 sur la Compagnie de Chimay par Roland Marganne, il est question (pp. 21-24) du matériel moteur de la compagnie.  Cet auteur considère que l’effectif primitif du CF de Chimay se composait de 7 locomotives.  Il y avait tout d’abord 5 machines du type 1 de Tubize (n° de fabrication 51 à 55), qui dateraient de 1865.  Les deux autres étaient des machines HSP de 1872.  Les caractéristiques techniques des Tubize seraient les suivantes : 0-6-0 et tender à deux essieux; diamètre des roues de 1450 mm.  Ces locomotives étaient, d’après R. Marganne, analogues au type 41 de l’EB (ex. SGE).  Cet effectif était inchangé en 1907.  Les renseignements que nous avons récoltés nous permettent, on va le voir, de corriger cet état des lieux !

Tout d’abord, d’après une notice sur le CF de Chimay [LOISEL], en 1865, la compagnie utilisait 4 locomotives mixtes à grand foyer, du système Belpaire, avec 6 roues accouplées.  Ces machines pesaient, à vide, 33 tonnes, leurs roues motrices avaient un diamètre de 1,45 m et supportaient une charge moyenne de 11 tonnes.

Dans les archives du PFT, les notes de Maurice Hennequin nous renseignent également sur l’effectif du CF de Chimay.  Ce sont les informations qui ont été reprises par R. Marganne dans sa brochure.  Dans une lettre de 1992 adressée à Mr Herbiet (auteur vraisemblablement d’un article sur le CF de Chimay), Maurice Hennequin transmet à son correspondant les mêmes informations.  Il ne nous en apprendra donc pas plus.

Un inventaire dressé le 30/09/1903 évoque bien l’existence de 7 locomotives.  C’étaient les n° 1 à 5  (machines mixtes) et n° 11 et 12 (machines à voyageurs).

Les machines mixtes n° 1 à 5 étaient des Tubize.  Certains PV d’épreuves de chaudières, des autorisations de mise en usage et des fiches signalétiques par locomotive ont été conservées pour ces machines.  Ces documents nous donnent des renseignements très précis et sûrs.  [Archives du PFT]

Ainsi, une autorisation de mise en usage, datée du 31 janvier 1863, nous renseigne sur les trois premières locomotives du CF de Chimay, produites par l’ « Atelier de construction de Tubize ».  Ce document nous apprend qu’elles portaient les n° constructeur 19, 24 et 25 et les nom de « Chimay », « L’Aisne », et « La Meuse ».  La première pesait 18 t., les deux autres 33 t.

Une note manuscrite conservées dans les archives du PFT, qui doit sans doute être attribuée à André Dagant, apporte du nouveau sur la question.  Dagant a utilisé les documents originaux cités plus haut.

Les locomotives Belpaire pour la Compagnie de Chimay [A. Dagant]

Les essais du premier foyer Belpaire sur la locomotive EB n° 1 (type 7) étaient à peine terminés que la Compagnie de Chimay s’adressa à Belpaire pour étudier un type de locomotives à marchandises pour ses lignes en cours d’achèvement.  Ces Chimay seraient donc les premières Belpaire au monde (avec une bonne douzaine de machines en construction pour l’EB et les 8 Vaessen de SL pour le CF espagnol d’Alar-Santander).

La chaudière était pratiquement celle du futur type 28 de l’EB, réalisation du même Belpaire.  De section légèrement ovalisée, elle comportait 225 tubes de 3400/3530 mm et était timbrée à 7 atm.

Les deux premières ont été éprouvées les 13/07 et 20/11/1861 (n° 1 et 2, Tz 24-25); la 3e le 30/04/1863 (n° 3, Tz 43 ?); la 4e « Prince de Chimay » le 11/12/1863 (n° 4, Tz 44); la 5e le 18/09/1867 (n° 5, Tz 74).

Les trois dernières avaient 226 tubes et étaient autorisées à 7,5 atm (n° 3) et 8 atm (n° 4 et 5).  Tandis que les chaudières des deux premières étaient encore réalisées par Gilles, les trois dernières ont été fabriquées à Jemeppe.

Ces locomotives disparaîtront en 1904 après quelques années de garage à Romerée (n° 2 et 5) ou à Chimay (n° 1 et 4).  Elles étaient réparées dans les ateliers de Saint-Martin.

Le type 33 de l’Etat Belge, presque contemporain, en diffère très peu.

Elles présentaient également entre elles des nuances dans le mécanisme et le poids.

La Tubize 19, « Chimay » (première à porter le n° 3 de la Cie) a été la première livrée à la Cie de Chimay.  Elle était du type des locomotives livrées par Tubize au CF de Turnhout, avec chaudière Belpaire, mais ne semble pas être restée longtemps sur le réseau après l’achèvement de celui-ci.

Les locomotives Chimay portaient les noms suivants : L’Aisne (n° 1), La Meuse (n° 2), Noailles (2e n° 3), Prince de Chimay (n° 4).  La n° 5 était sans nom et correspondrait au type 3 de la SGE.

Les documents nous décrivent donc au total 6 locomotives qui auraient été fabriquées par Tubize.  Deux d’entre elles portaient apparemment comme n° d’exploitation le 3 !  Il ne semble pourtant pas qu’il y ait d’erreur dans les documents que nous avons pu consulter.  Il faut donc en déduire qu’en janvier 1863, le CF de Chimay disposait de 3 machines, une petite et deux plus grosses à peu près identiques.  On donna les n° d’exploitation 1 et 2 à ces dernières et le n° 3 à la plus petite, même si elle était de construction un peu plus ancienne.  La locomotive n° 3 doit avoir disparu peu de temps après et elle aura été remplacée par une nouvelle locomotive à peu près semblable aux deux machines subsistantes.  Le n° 3 aurait alors été réattribué à cette nouvelle locomotive de 1863.  La locomotive n° 4 étant en service à partir de 1864 et la n° 5 pas avant 1867, il est normal que l’inventaire de 1865 mentionne seulement 4 locomotives.

Les plus anciennes locomotives du CF de Chimay ne doivent donc pas être datées de 1865, comme cela se rencontre parfois.  Les n° 1 et 2 sont de 1861, la n° 3  de 1863, la n° 4 de 1864 et la n° 5 de 1867.  La première n° 3 était la plus ancienne.  Sa date de construction n’est pas connue, mais il s’agit vraisemblablement d’une locomotive de ca 1861.

 

Bibliographie & sources :

  • F. LOISEL, Annuaire spécial des chemins de fer Belges (période de 1835 à 1865 inclus), Bruxelles, 1867, pp. 284-294.
  • F. LOISEL, Annuaire spécial des chemins de fer Belges (années 1866 et 1867), Bruxelles, 1867, pp.132-134.
  • R. MARGANE, Grande et petite histoire de la Compagnie de Chimay, 2008
  • R. MARGANE, Grande et petite histoire de la Compagnie du Chemin de Fer de Chimay, dans Chemin de Fer, sept. 2008, pp. 21-24
  • Y. CASSART, La Compagnie de Chemin de Fer de Chimay [non consulté]
  • Archives du PFT [Farde Compagnies privées A-F; registre « Tubize »; scans documents Cie de Chimay]

Sur le Net :

 

© Luc DELPORTE – 12/07/2018.

1 Comment

  1. Notre arrière arrière grand père (Officier ou élève Officier dans la Grand Armée de Napoleon, est venu de France à Chimay accompagnant plus que probablement celle qui allait devenir la future princesse de Chimay Mme Tallien, ex Cabarrus, ex Notre Dame de Thermidor à Chimay. Les preuves ont hélas disparues pendant la guerre 40/40.
    Il fut actionnaire du Chemin de Fer de Chimay. Je sais qu’il existe un petit livre racontant cette histoire de CHemin de Fer de Chimay. Son frère, Ingnieur Géographe dans l Grande Armé fut décoré de la Légion d’Honneur en France.
    Pouvez-vous m’aider à retrouver ce fascicule.
    Merci d’avance.

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