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Origines des Ateliers de Tubize

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Joseph-Emmanuel Zaman

Les Ateliers de Tubize doivent leur naissance à l’industriel Joseph-Emmanuel Zaman et aux Carrières de porphyre de Quenast.

Sous l’Ancien Régime, plusieurs petites carrières de porphyre étaient déjà en exploitation sur les territoires de Rebecq et de Quenast.  Au milieu du XIXe siècle (plus précisément entre 1844 et 1850), un jeune industriel visionnaire, Joseph-Emmanuel Zaman, décide de les racheter et de les unifier.  Immédiatement, il se lance dans leur industrialisation et, dès 1851, naît la société en commandite « Zaman & Cie ».

L’essor des carrières fut très important.  Mais il restait à trouver un moyen économique et pratique pour acheminer les pavés vers leurs destinataires.  Dès 1848, J. Zaman obtient la concession d’une ligne de chemin de fer privée depuis ses carrières jusqu’au quai d’embarquement sur le Canal de Charleroi à Bruxelles, situé à Clabecq à quelques kilomètres de là.

Cela ne se fit pas sans mal.  J. Zaman eut d’abord à triompher de l’opposition de la toute nouvelle Société ferroviaire belge qui lui interdisait l’usage de locomotives pour la traction de ses wagons chargés de pavés.  Il dût se résoudre, dans un premier temps, à utiliser la traction chevaline.  Très vite, il outrepassa cette interdiction et se servit d’une locomotive à vapeur, du genre sans doute de celles dont il se servait déjà au sein des Carrières.

Les Carrières de Quenast. En bas à droite, une locomotive à vapeur tractant des wagons de pavés.

Il dût ensuite vaincre les réticences des autorités communales de Tubize qui craignaient pour la sécurité de ses concitoyens.  La voie Zaman, comme on l’appelait alors, traversait une partie du bourg fort fréquentée et croisait même la rue de Bruxelles dans le bas du village.  Le Bourgmestre prit un arrêté interdisant la traversée de Tubize par les locomotives à vapeur des Carrières.  J. Zaman, pour faire pression sur les édiles, congédia tous les ouvriers carriers de Tubize qu’il employait. Ils étaient plusieurs centaines.  Les remous que cette décision provoqua firent finalement plier le bourgmestre de Tubize, qui autorisa le passage des locomotives.

La Gazette de Nivelles

La voie Zaman longeait la vallée de la Senne par la rue Ripainoise, pénétrait dans Tubize par ce qui est devenu par la suite le Boulevard de la Senne (ensuite Georges Deryck), la rue des Poissonniers, passait sous la ligne de chemin de fer principale, et franchissait la Sennette pour aboutir au quai « de Quenast » sur le canal.

Le dépôt de matériel de ce chemin de fer privé était situé à l’endroit qui est devenu par la suite la Place du Jeu de Balle (en face du Centre Culturel de Tubize).  Ce dépôt fut, par la suite, transféré à la rue de l’Industrie.  Il devint rapidement un atelier de réparation du matériel roulant des Carrières.  Sous l’impulsion de J. Zaman il se transforma ensuite en un atelier de construction de matériel ferroviaire.

En 1854, cet atelier de réparation est cédé à la Société Zaman-Sabatier & Cie, fondée pour y construire du matériel ferroviaire.  C’est l’acte de naissance des ateliers de construction de matériel ferroviaire et en particulier de locomotives que l’on connaît, depuis 1905, sous le nom d’Ateliers Métallurgiques de Tubize.

 

La voie Zaman traversant la rue de Bruxelles à Tubize. On distingue furtivement une rame de wagons (en partie caché par la tête de la dame à l’avant-plan).

© Luc DELPORTE – 29/06/2018

 

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